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Niger, vivement le changement

Par Thierry Paul Valette - 20/02/2018

Par Thierry Paul Valette

 

Presque deux ans après le hold up électoral des 21 fevrier et 20 mars 2016, le Niger continue inexorablement de s'enfoncer dans la mal gouvernance. Dimanche 4 fevrier, à Niamey, des milliers de personnes sont descendues dans les rues pour protester entre autre contre la corruption, le groupe Bolloré et la mauvaise gestion du président Mahamadou Issoufou.

Des militants de l'opposition placés sous mandat de dépot

À Niamey, le dimanche 4 février, des milliers de manifestants avaient battu le pavé pour dénoncer la trés mauvaise gestion du pays et les différentes affaires de corruption liées au pouvoir en place. En effet, des militants de l'opposition au président Mahamadou Issoufou ont organisé un "sit-in" avant d'être sous mandat de dépot. Ils seront jugés prochainement pour troubles à l'ordre public. Parmi eux Alhassane Intinicar, président du parti Akal-kassa et Ibrahim Bana, un activiste et militant du parti Lumana FA.

C'est à l'appel de Mme Bayard Mariama Gamatiéa, présidente du nouveau Front de l’opposition indépendante (FOI), que ce sit-in, avait été organisé.

Ces arrestations arbitraires s'insrivent dans un climat politique conflictuel auquel le pays fait face depuis les dernières élections présidentielles.

Piqûre de rappel du contexte politique: les élections controversées de 2016

Pour rappel, prés de 8 millions de Nigériens avaient été appelés aux urnes pour les élections présidentielles et législatives des 21 février et 20 mars 2016. Une quizaine de candidats avaient brigué alors la magistrature suprême dont le controversé chef de l'État sortant au pouvoir depuis 2011 : Mahamadou Issoufou. L'Union africaine avait déployé pour l'occasion une mission d'une quarantaine d'observateurs.

Au second tour de l'élection, Mahamadou Issoufou avait du affronter Hama Amadou alors incarcéré depuis novembre 2015 dans un dossier de trafic d'enfants monté de toutes pièces. Réelu à la tête du Niger, Mahamadou Issoufou demeure un président fragilisé par une opposition qui ne reconnait pas les résulats des urnes.Hama Amadou qui avait été condamné par contumace à un an de prison en mars 2017, réside toujours en france ou il avait été transféré suite à des problèmes de santé.

Il apparait plus que jamais comme le recours suprême pour sortir le Niger de cette situation catastrophique.

Les nigériens doivent faire face à des difficultés insurmontables au quotidien et à la chape de plomb d'une gouvernance de plus en plus folle.

 


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La Loi de finances 2018 met le feu aux poudres
Les milliers de manifestants dénoncaient une loi de finance "antisociale" votée à une large majorité par le "Guru système" prédateur. Selon eux elle ne cadre pas avec les aspirations des nigériens. En effet l'État supprime 45 millions d'euros de recettes au profit des compagnies étrangères d'un côté, et de l'autre il demande aux citoyens de payer 21 millions d'euros.

Par ailleurs, fin octobre 2017, une autre manifestation contre la même loi de finances avait dégénéré en émeutes. Mais derrière le rideau obscur de la loi de finance 2018 ce sont aussi d'autres raisons qui ont poussé à cette manifestation.

Remise en cause de la présence des forces étrangères
Ainsi est remise en cause la présence sur le territoire nigérien des forces étrangères. Depuis l'arrivée au pouvoir de Mahamadou Issoufou, ce sont trois bases francaises qui sont installées sur le sol nigerien. Les américains sont également présents et construisent à Agadez leur plus grande base.

De nombreux experts internationaux sont déployés dans le pays au nom de la mission civile de lʼUnion européenne Eucap Sahel. Des soldats italiens prévoient prochainement d'arriver. D'une certaine manière c'est l'indépendance même du pays qui est remise en cause. Un tapis rouge militaire qui passe trés mal auprés de la population et de l'opposition eu égard aux accords opaques.

Pauvreté d'un pays riche
Le Niger posséde un sous-sol qui regorge de métaux précieux, de nappes d'eau fossiles, de l'uranium, du charbon et du pétrole. De nombreuses terres du pays sont arables. Le Niger est donc un eldorado tant convoité. La présence des Occidentaux n'est certainement pas étrangère à cela. D'une certaine manière, le pouvoir en place est assuré par cette présence militaire étrangère et cela n'est plus une chose acceptable pour les opposants au président Mahamadou Issoufou.

Par ailleurs la présence du groupe Bolloré sur le sol nigérien pose désormais problème. Rappelons que ce groupe se définit comme un acteur du développement économique et social en Afrique et initie un projet destiné à réduire la fracture énergétique en développant le chemin de fer au Niger légitimant ainsi sa présence.

La croissance malgré une embellie de 4,6% reste fragile.Le solde des échanges extérieurs est déficitaire du fait de la baisse des cours des matières premières,uranium et pétrole exportées par le Niger. La pauvreté touche 50% de la population

Des raisons structurelles, sécuritaires et climatiques expliquent cette fragilité économique qui ne fait qu'aggraver une situation déjà sous haute tension.

Les libertés d'expression restent trés malmenées au Niger et l'opposition a certainement encore devant elle de très mauvaises heures à passer. N'oublions pas que le journaliste Baba Alpha et Mr Ali Soumana fondateur du journal le Courrier croupissent en prison pour avoir fait leur travail en violation flagrante de l'article 67 de l'ordonnance du 4 Janvier 2010 sur la liberté de la presse qui interdit la détention provisoire en matière de délit de presse.

L'administration quant à elle est rongée par le clientélisme et la corruption. Elle s'en trouve donc paralysée. Il en est de même su système éducatif qui se décompose.

Les perspectives d'avenir du pays n'ont jamais été aussi sombres qu'aujourd'hui. Le président Mahamadou Issoufou devra en répondre le moment venu devant le tribunal de l'histoire voire des hommes. D'ici là, vivement le changement tant attendu par ce peuple martyr trahi par des gouvernants indignes.

 
MOTS CLES :  Niger   Pauvreté   Corruption 

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