Un violent incendie a ravagé une partie du poumon économique de la capitale du Damagaram( Zinder) ce lundi matin. Si le bilan humain est nul, les dégâts matériels remettent en lumière l’urgence d’une modernisation sécuritaire de ce géant commercial de 13 milliards de F CFA.
Le réveil a été brutal pour les commerçants de Zinder. En effet, ce lundi 26 janvier, aux alentours de 7 h 30, d’épaisses colonnes de fumée noire ont envahi le ciel du marché Dollé, le plus vaste complexe commercial du Niger. En quelques heures, le feu a dévoré une quinzaine de hangars et de boutiques, ciblant principalement le quartier des bouchers, des vendeurs d’épices et les étals de tissus atamfa.

Le « système D » électrique pointé du doigt
Bien que l’origine officielle du sinistre reste à déterminer, Bassirou Yacouba, l’administrateur délégué du marché, pointe déjà un coupable probable : l’anarchie électrique. Dans ce dédale de 10 000 boutiques, le partage informel du courant via des réseaux de câbles improvisés transforme chaque étincelle en potentiel brasier.
Malgré un investissement initial de 13 milliards de F CFA pour sa construction sur plus de 8 hectares, le marché Dollé souffre également d’un contraste saisissant. Derrière les façades, l’aménagement interne reste précaire, dominé par des installations en tôle et en paillote, hautement inflammables.

Des secours entravés par le manque d’infrastructures
Le Colonel Massalatchi Mahaman Sani, gouverneur de la région, s’est rendu sur place pour constater l’ampleur du désastre. Son constat est amer : l’absence de bouches d’incendie fonctionnelles a considérablement ralenti l’action des sapeurs-pompiers, contraints de solliciter l’appui des moyens de l’aéroport voisin.
« Le feu allait ravager tout le marché sans la mobilisation des commerçants », a reconnu Elh Mamane Fari, président de l’association des commerçants, saluant ainsi l’élan de solidarité qui a permis de limiter la propagation des flammes.
2026, l’année du changement ?
Pour les victimes, qui « remettent leur sort entre les mains de Dieu », la perte est immense. Mais au-delà de la compassion, les autorités veulent désormais passer à l’action. Le gouverneur a instruit l’administrateur délégué de mettre fin aux installations anarchiques qui obstruent les voies d’accès et compliquent les secours.
Une lueur d’espoir subsiste : des travaux de modernisation sont d’ores et déjà annoncés dans le budget 2026. Reste à savoir si ces fonds permettront enfin de doter ce pilier de l’économie nigérienne des standards de sécurité indispensables à son envergure.




