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Au Malawi, le village du chef de l’opposition croit en l’enfant du pays

Dès l’entrée du village de Chakwera, deux drapeaux noir et rouge frappés d’un coq accrochés aux arbres annoncent la couleur. L’élection présidentielle du 21 mai au Malawi est ici une affaire de famille, celle de l’enfant du pays et opposant Lazarus Chakwera.

A 64 ans, le chef du Parti du Congrès (MCP) défie le chef de l’Etat sortant Peter Muthurika avec le soutien aveugle de tous les habitants de la petite cité qui porte son nom, tous ou presque membres de sa famille.

« Je fais toute confiance à mon beau-frère pour réussir à prendre le pouvoir », résume sans une once d’hésitation Patricia Chakwera.

« Certains font des promesses qu’ils ne tiennent pas mais nous, en tant que famille, nous avons foi en Dieu et nous savons qu’il est une personne sincère », insiste la belle-sœur du candidat, persuadée qu’il est taillé pour diriger ce petit pays pauvre d’Afrique australe.

Autour d’elle, une brochette de jeunes assis sous un arbre pour échapper au soleil opine du chef.

La fratrie Chakwera vit dans ce coin perdu de la campagne malawite depuis trois générations. Depuis qu’un lointain aïeul a décidé dans les années 1950 de poser sa valise au bout d’un chemin de terre qui s’enfonce dans une épaisse forêt, à quelques encablures de la capitale Lilongwe.

Le village vit de peu. Le maïs offre à sa petite cinquantaine d’habitants ses seuls revenus. Et quand la récolte est mauvaise, la vente des quelques cochons ou des chèvres qui pataugent dans la boue autour de la pompe à eau permet de faire la soudure.

L’agriculture – maïs, tabac ou thé – constitue la principale ressource des 18 millions de Malawites. La moitié d’entre eux vit sous le seuil de pauvreté, à la merci de la sécheresse et des insectes qui menacent les récoltes.

« Le Malawi manque de beaucoup de choses, nous n’avons pas de commerce ici », explique Margaret Amos, en agrippant le seau d’eau qu’elle vient de remplir.

– « Incorruptible » –

La jeune femme, 20 ans tout juste, explique qu’elle a dû quitter l’école que ses parents ne pouvaient plus lui payer pour se marier encore adolescente, comme la plupart des autres filles de Chakwera. Mais elle veut croire que l’élection de « Lazarus » changera tout ça.

« Si le Dr Chakwera l’emporte », assure-t-elle, « alors les gens pourront ouvrir leurs propres commerces ».

L’ancien pasteur évangéliste a promis des réformes drastiques pour relancer l’économie, améliorer le niveau de vie de ses concitoyens et débarrasser l’Etat de la corruption qui le gangrène à tous les étages.

Il y a cinq ans, le chef du MCP a failli réussir, arrivé deuxième de la course présidentielle avec 400.000 voix de retard sur Peter Muthurika.

Cette année, Lazarus Chakwera dispose d’un atout de poids en la personne de l’ex-présidente Joyce Banda. Après avoir longtemps hésité à se présenter elle-même, la cheffe du Parti populaire (PP) a finalement décidé de se ranger derrière sa candidature.

Le ralliement a fait froncer quelques sourcils dans le camp du dirigeant du MCP car Mme Banda a été impliquée, puis blanchie, dans un vaste scandale de corruption qui lui a coûté sa réélection il y a cinq ans.

Pas de quoi toutefois entamer la confiance de Polina Chakwera, qui répète à qui veut l’entendre que son frère est tout simplement « incorruptible ».

« Regardez notre village », argumente sa plus ardente supportrice Patricia Chakwera en désignant ses quelques cabanes sans aucun confort. « Il n’a pas pris l’argent des Américains dont il avait le contrôle quand il dirigeait sa congrégation. A la place il a construit des églises dans tout le pays comme il en avait reçu le mandat ».

« Il servira le peuple de tout le pays parce que c’est ce qu’il a fait quand il était pasteur », assure-t-elle, « je suis sûr qu’il fera de même une fois président ».

mgu-pa/bed/jlb

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