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La politique en vedette dans les journaux camerounais

L’incertitude sur la tenue des élections législatives et municipales de février 2020, couplée à la rentrée parlementaire, meublent les colonnes des journaux camerounais parus mardi.Aura-t-il lieu? Le double scrutin donne dans le suspense. Quotidien à capitaux publics, Cameroon Tribune (CT) ne se pose pas de questions : le compte à rebours est lancé. Ainsi, constate la publication, au lendemain de la convocation du corps électoral, c’est le branle-bas dans les états-majors de plusieurs partis politiques ainsi qu’à Elections Cameroon (Elecam), l’instance en charge de l’organisation des scrutins et opérations référendaires.

Si CT emploie le terme «plusieurs», c’est qu’il y a un os quelque part. Et justement, Le Jour mais aussi The Guardian Post sont allée prospecter autour desdites formations où, en dehors du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC, au pouvoir), déjà sur les starting-blocks, beaucoup de ses adversaires invoquent la situation insurrectionnelle en zone anglophone pour refuser de participer à la partition de fait du pays.

«Si la situation dans les régions du Nord-Ouest et Sud-Ouest reste chaotique, il n’y aura pas d’élections, confirme le président régional du Front social démocratique (SDF) pour le Centre, Emmanuel Ntonga. Le SDF va entrer en action pour qu’il n’y ait pas élections. Nous allons mettre sur pied une stratégie pour que les élections ne se tiennent pas sur toute l’étendue du territoire national. Il est impossible que se déroulent des élections alors que toute une grande partie du pays est instable, pas de mairies, pas de bureaux d’Elecam, pas de bureaux administratifs opérationnels, etc.».

Les agents d’Elecam sont prêts à se déployer dans ces zones sous conflit sécessionniste, répond en écho le directeur général des élections à Elecam, Éric Essousse, «à condition que leur sécurité soit assurée. Les électeurs aussi n’attendent que cette garantie pour se mobiliser le jour du scrutin».

Jauger le poids réel des nouveaux partis politiques, mettre un terme aux guerres de positionnement dans les collectivités territoriales, les élections du 9 février sont, selon Expression Économique, un test de retour à la paix dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest.

Présidente du Parti du peuple camerounais (CPP, opposition), Edith Kah Wallah se déchaîne dans les colonnes de Le Jour : «Après 37 ans, nous disons NON ! Nous n’allons plus accompagner ce président. Nous n’allons pas non plus rester les bras croisés. Nous allons crier notre NON dans les médias, sur les réseaux sociaux par tous les moyens. Nous allons informer et éduquer nos citoyens sur leurs droits et sur leurs devoirs. Nous allons manifester sans violence pour dire NON ! Cette fois ci c’est NON ! Le Cameroun a besoin de Transition, le Cameroun a besoin de réconciliation, le Cameroun a besoin de refondation. Pas de distraction, nous disons NON aux élections de M. Biya !»

À l’occasion de la session parlementaire dont l’ouverture est confirmée ce mardi par CT, The Guardian Post constate que la pression est plus que jamais sur les épaules du président Paul Biya qui, comme promis par les résolutions du Grand dialogue national tenu du 30 septembre au 4 octobre 2019 dans la capitale, Yaoundé, doit faire voter des textes en vue de l’instauration d’un statut spécial pour les régions anglophones.

Ce mouvement d’humeur est un très mauvais présage pour l’unité du Cameroun», prévient The Guardian Post. «Pas de démobilisation», décrète CT à propos des menaces de boycott de ladite session par le SDF : «S’il y a lieu de craindre d’avoir un hémicycle qui aura du mal à remplir le quorum requis pour la tenue des travaux des députés, des dispositions du règlement intérieur de la Chambre prévoient (…) d’y faire face», l’importance et les enjeux de la session étant, en dehors de la crise anglophone, l’examen du budget 2020 de l’État ainsi que le vote d’autres textes législatifs.



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