International › APA

Le Gamou célébré dans une communion islamo-chrétienne à Tivaouane

Des centaines de milliers de fidèles musulmans attendent de célébrer à Tivaouane, dans la nuit de samedi à dimanche, le Gamou ou naissance du prophète de l’islam Mouhammad, avec déjà une grande solidarité affichée par une partie de la communauté chrétienne installée depuis des années dans cette ville fondée par le guide soufi Elhadji Malick Sy.Au cœur de cette ville religieuse située dans la région de Thiès (70 km de Dakar), les Diompy, une famille catholique installée depuis 1963, continuent d’accueillir ce samedi des disciples tidjanes venus célébrer le Gamou. La concession ne désemplit pas. Et on arriverait même à croire que Léopold Diompy est membre de cette communauté en le voyant écouter sur son poste radio des chants tidjanes.

« J’écoute les chants de toutes les obédiences. Cela ne m’empêche pas d’être ancrée dans ma foi catholique », a rectifié Diompy, la cinquantaine, ensemble blouson bleu, mécanicien de profession, soulignant que son défunt père a bâti leur maison en 1981.

Et cette habitation en « parfaite harmonie » avec les musulmans dans la cité, qui fait qu’à chaque Gamou la poignée de catholiques leur ouvrent leurs portes, est inspirée du « khalife » qui a facilité leur installation.

Ami du patriarche de la famille, le parachutiste à la retraite Demba Fall loge ici à chaque Gamou, quand il vient de son Yang Yang (centre). Il est également présent lors des cérémonies de « malheur comme de bonheur » de cette famille.

« La religion on le met de côté, c’est la relation qui est plus importante. Son père m’a donné son cœur, je lui ai rendu le mien », a dit ce vieil homme qui garde toujours en mémoire son matricule d’agent de l’armée sénégalaise.

Accroché près de la grande mosquée de la ville, point d’attraction des fidèles tidjanes, le célèbre Bakary Sambe, fondateur du think tank Timbuktu Institute, a salué ce geste entre chrétiens et musulmans, notant que « la religion au Sénégal reste un facteur de cohésion sociale ».

Mais malgré que « le modèle sénégalais est à vendre, (…) il ne faut pas dormir sur nos lauriers », a préconisé cet enseignant-chercheur à l’Université de Saint-Louis (nord), membre du comité scientifique du Gamou de Tivaouane et par ailleurs très sollicité sur les questions du terrorisme dans le Sahel.

Cette nuit, chants et causeries sur la vie et l’œuvre du prophète Mouhammad, né au 12e jour du calendrier musulman, seront effectués dans une enceinte non loin de la mosquée, en présence du khalife général Serigne Babacar Sy Mansour, peu après la cérémonie officielle prévue cet après-midi. 

Une fidèle comme Seynabou Dione, présente depuis le début de la « Bourda », une séance de récitation de panégyriques sur le prophète clôturée avant-hier après dix jours successifs, est « contente » d’avoir effectué tous les actes de dévotion qu’elle avait prévus là où Pathé Guèye, 40 ans, venu de Kafountine au sud du Sénégal, vit pour « la première fois » la joie d’assister à un Gamou. 

Saluant « le rôle des confréries et des marabouts », il n’a pas manqué de prier lors de ce séjour pour les membres de sa « famille » et surtout pour le maintien de « la paix dans le pays ».

Plusieurs autres pèlerins rencontrés aux abords de la mosquée se disent aussi satisfaits de l’organisation de cette édition du Gamou, une manifestation également organisée dans plusieurs foyers religieux du pays. 

A Tivaouane, la sécurité semble de mise avec une forte présence policière notée. 

D’ailleurs, la police affirme avoir interpellé quelque 70 individus pour diverses infractions (vol, drogue, …) lors d’opérations de sécurisation qu’elle a menées dans le cadre de la célébration de la naissance du prophète de l’islam dans cette ville.



Commentaire

À LA UNE
Retour en haut