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Vol MH17 abattu en Ukraine : les enquêteurs devraient dévoiler des noms de suspects

L’équipe d’investigation internationale sur le crash du vol MH17, abattu en 2014 au-dessus de l’est séparatiste de l’Ukraine par un missile qu’elle avait précédemment identifié comme provenant d’une unité russe, devrait en nommer mercredi des responsables présumés et annoncer l’ouverture de poursuites judiciaires.

Les enquêteurs informeront d’abord les familles des victimes puis donneront une conférence de presse pour dévoiler « les développements dans l’enquête ».

Près de cinq ans après le drame, il s’agira des premières révélations depuis mai 2018, lorsque l’équipe internationale d’investigation conjointe (Joint Investigation Team, JIT), conduite par les Pays-Bas, avait annoncé avoir établi que le missile ayant abattu l’avion provenait de la 53e brigade antiaérienne russe basée à Koursk dans l’ouest de la Russie.

Le Boeing de la Malaysia Airlines, parti d’Amsterdam pour Kuala Lumpur, avait été abattu en plein vol au-dessus de la zone de conflit armé dans l’est séparatiste prorusse de l’Ukraine le 17 juillet 2014. Les 283 passagers, dont 196 Néerlandais, et les 15 membres de l’équipage avaient péri.

Les Pays-Bas et l’Australie, dont 38 ressortissants figuraient parmi les victimes, ont ouvertement accusé la Russie d’être responsable de la mort de leurs ressortissants après les révélations de la JIT. Pour la première fois, la responsabilité de cette catastrophe était ouvertement imputée à Moscou, qui a nié avec véhémence toute implication, rejetant la faute sur Kiev.

La vice-ministre ukrainienne des Affaires étrangères Olena Zerkal a déclaré mardi à l’agence ukrainienne Interfax que quatre suspects seraient nommés, dont de hauts gradés russes. « Les noms seront donnés. Des poursuites seront engagées », a-t-elle affirmé, ajoutant qu’un tribunal néerlandais « commencerait alors à travailler sur cette affaire ».

La transfert d’armement comme le système de missiles anti-aériens BUK « est impossible sans l’autorisation de hauts responsables » de l’armée russe, a-t-elle estimé.

La semaine dernière, la JIT, composée d’enquêteurs d’Australie, de Belgique, de Malaisie, des Pays-Bas et d’Ukraine, avait fait les gros titres en annonçant qu’elle dévoilerait, lors d’une conférence de presse mercredi à 13H00 locales (11H00 GMT), les « derniers développements de l’enquête » sur le crash, sans donner plus de détails.

– « Prélude à un procès » –

La tragédie reste un sujet hautement sensible aux Pays-Bas, où le Premier ministre Mark Rutte n’a jamais caché que trouver les coupables et les traduire en justice étaient un de ses objectifs les plus importants à la tête du gouvernement.

Parallèlement, le groupe d’investigation journalistique Bellingcat a indiqué qu’il dévoilerait également de son côté mercredi le nom « des individus liés à la destruction du MH17 », en précisant que ses investigations étaient « totalement indépendantes et distinctes de l’enquête » officielle.

« Je m’attends à ce qu’il y ait de nouvelles informations importantes. Cela signifie que l’enquête progresse », a déclaré vendredi Piet Ploeg, président d’une association des familles et qui a perdu trois proches lors de l’accident. « C’est le prélude à un procès », a-t-il ajouté auprès de la télévision publique néerlandaise NOS.

Le cas échéant un procès se tiendra aux Pays-Bas. Les députés néerlandais ont ratifié en 2018 un accord signé avec l’Ukraine pour que soient engagées aux Pays-Bas les éventuelles poursuites judiciaires à l’encontre des responsables de la catastrophe. Il se pourrait toutefois que les suspects soient jugés par contumace, la Russie n’extradant pas ses ressortissants poursuivis à l’étranger.

Le crash du vol MH17 avait encore détérioré les relations entre la Russie et les pays occidentaux, déjà au plus bas après l’annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par Moscou en 2014 et le déclenchement du conflit dans l’est avec les séparatistes, que la Russie est accusée de soutenir, ce qu’elle nie.

Après les révélations des enquêteurs sur l’origine russe du missile, l’Union européenne et l’Otan avaient exhorté Moscou à reconnaître sa « responsabilité ». Les ministres du G7 avaient ensuite appelé en juillet la Russie à « reconnaître son rôle » dans cette affaire, déclarant que l’enquête avait mené à des conclusions « convaincantes » et « profondément troublantes » sur son implication.

Les enquêteurs se sont engagés à étudier « avec soin » les affirmations de la Russie sur la catastrophe, tout en notant que des informations qu’elle avait précédemment fournies, telles que la présence sur les images radar d’un avion de combat ukrainien près de l’avion de Malaysia Airlines, s’étaient avérées « incorrectes ».



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