Depuis les années 1970, le Niger porte un rêve de béton et d’acier : le barrage de Kandadji. Situé à 180 km en amont de Niamey, ce complexe hydro-agricole n’est plus seulement un chantier de génie civil, mais le symbole d’une nation qui refuse la fatalité pour s’emparer de son destin énergétique et alimentaire.

Un levier stratégique pour l’indépendance énergétique
Le Niger a fait de Kandadji son ambition majeure pour conquérir sa souveraineté. Ce complexe vise une production de 130 MW d’électricité, une puissance capable de transformer radicalement le paysage énergétique du pays. Aujourd’hui, Kandadji demeure le levier principal pour réduire la dépendance du pays vis-à-vis de ses voisins, offrant enfin au réseau national une source d’énergie stable et autonome.
Transformer la terre pour nourrir le peuple
Au-delà de l’électricité, le projet doit transformer l’économie nationale grâce à son volet agricole. Les infrastructures permettront d’irriguer 45 000 hectares de terres, une surface colossale destinée à garantir la sécurité alimentaire du peuple nigérien. Dans une région où le climat dicte souvent sa loi, Kandadji offre la promesse d’une agriculture maîtrisée et d’une croissance durable pour les populations rurales.

Une relance décisive après des décennies d’attente
Le chemin vers la concrétisation n’a pas été sans embûches. Après de multiples interruptions politiques qui ont freiné son élan, le chantier a connu une relance décisive grâce au partenariat avec l’entreprise chinoise CGGC. Ce regain d’activité s’inscrit dans un calendrier rigoureux qui prévoit une montée en puissance des infrastructures clés sur la période 2025-2029.
Le prix du développement : 740 milliards et un défi humain
L’envergure du projet se lit également dans ses chiffres : le coût total s’élève à environ 740 milliards de francs CFA. Un investissement massif qui s’accompagne d’une responsabilité sociale de taille. En effet, le chantier fait face à un défi humain majeur avec la réinstallation de près de 50 000 personnes affectées par les travaux. La réussite de Kandadji se mesurera autant à la puissance de ses turbines qu’à la qualité de l’accompagnement offert à ces communautés.
En somme, Kandadji est bien plus qu’une digue sur le fleuve Niger. C’est l’histoire d’une patience transformée en puissance. En alliant l’énergie à l’agriculture, le Niger ne construit pas seulement un barrage, il bâtit les fondations d’un avenir où la lumière et le pain ne seront plus des incertitudes, mais des droits acquis pour chaque citoyen »




