Niamey, 13 janvier 2026— Sous les dorures du cabinet du Premier Ministre à Niamey, une page de l’histoire agricole du Niger vient de s’écrire. En effet, loin des grandes messes diplomatiques habituelles, l’audience accordée par Ali Mahaman Lamine Zeine à l’Association des Ingénieurs Agronomes du Niger (AIAN) marque un tournant symbolique et pragmatique : celui de la réappropriation du savoir technique au service de la nation.
Dix mois de réflexion pour une souveraineté réelle
Le message porté par le Président de l’association, M. Ibrahim Tiémogo, est clair : le Niger possède les compétences internes pour nourrir sa population. Venu remettre obligatoirement un document stratégique intitulé « Développement agricole et souveraineté alimentaire » , le représentant des ingénieurs a levé le voile sur un travail titanesque.
Pendant plus de dix mois, les meilleurs cerveaux de l’agronomie nigérienne ont planché sur une feuille de route opérationnelle. Plus qu’une étude, ce document entend participer directement à la mise en œuvre de la vision agricole définie par le Chef de l’État.

L’exemple par l’action bénévole
L’aspect le plus frappant de cette démarche réside dans son caractère désintéressé. En effet, devant la presse, Ibrahim Tiémogo a insisté sur un point crucial : l’association a mené ce travail « sans demander rien à personne ». Dans un contexte où des cabinets internationaux facturent souvent leurs expertises au prix fort, les ingénieurs nigériens ont choisi le patriotisme technique.
« C’est la preuve que, quand on a un peu de bonne volonté, on peut faire beaucoup pour son pays, et c’est un exemple que certains doivent suivre », a déclaré M. Tiémogo à sa sortie d’audience.
Cette démarche de volontariat intellectuel séduit a visiblement le Premier Ministre, également Ministre de l’Économie et des Finances, qui a exprimé sa vive satisfaction face à la qualité du rapport.
Un pont entre science et politique
La présence du Ministre de l’Agriculture et de l’Élevage lors de cette rencontre souligne l’aspect opérationnel de l’échange. D’ailleurs, le document de l’AIAN devrait servir de boussole pour les investissements futurs dans le secteur primaire, pilier de l’économie nigérienne.
L’enjeu de la souveraineté alimentaire au Niger n’est plus seulement une question de production, mais de maîtrise de toute la chaîne de valeur : de la gestion des eaux au stockage des récoltes, en passant par l’amélioration des semences locales. En s’appuyant sur ses propres ingénieurs, le gouvernement nigérien semble vouloir passer de la dépendance à l’autosuffisance, portée par une expertise locale qui connaît parfaitement les réalités du terrain et les défis climatiques du Sahel.
Pour le peuple nigérien, ce geste des agronomes est un signal fort : la bataille pour la sécurité alimentaire se gagnera grâce à l’alliance entre la volonté politique et le génie national.




