En visite à Niamey ce lundi, le ministre algérien de l’Énergie, Mohamed Arkab, a rencontré son nouvel homologue nigérien Hamadou Tinni. Au menu : la relance du projet stratégique de Kafra et la consolidation d’un partenariat énergétique devenu vital pour les deux voisins.
Le ballet diplomatique entre Alger et Niamey ne faiblit pas. Moins de quelques mois après les remaniements au sein de l’exécutif nigérien, l’Algérie dépêche son « Monsieur Énergie », Mohamed Arkab, pour prendre le pouls de la coopération pétrolière. Accueilli par le nouveau ministre nigérien du Pétrole, Hamadou Tinni, le ministre algérien est venu confirmer une priorité absolue : la présence de la Sonatrach au Sahel.

Kafra, le joyau du désert
En effet, au cœur des échanges, l’attention s’est portée sur l’état d’avancement du bloc de Kafra. Situé à l’extrême nord du Niger, à proximité de la frontière algérienne, ce champ pétrolier incarne l’expansion internationale du groupe Sonatrach.
Longtemps ralenti par des questions de sécurité et des contraintes logistiques, le projet entre désormais dans une phase décisive. Pour Niamey, l’exploitation de Kafra est cruciale pour augmenter sa production nationale — déjà dopée par l’exportation via le pipeline Niger-Bénin. Pour Alger, il s’agit également de démontrer sa capacité à piloter des projets d’exploration complexes au-delà de ses frontières, tout en sécurisant sa périphérie sud.

Un partenariat au-delà de l’extraction
Mais derrière les enjeux techniques de forage se dessine une stratégie de voisinage plus large. Le Niger, qui cherche à diversifier ses partenaires techniques depuis l’avènement de la transition, voit en l’Algérie un allié « naturel » et expérimenté.
Les deux ministres ont ainsi évoqué le partage d’expertise en matière de raffinage et de gestion des infrastructures. Cette collaboration s’inscrit dans une dynamique régionale où l’indépendance énergétique devient le socle de la souveraineté politique.

Le spectre du TSGP
Selon le communiqué officiel, la relance du bloc de Kafra est intimement liée au grand projet de Gazoduc Transsaharien (TSGP), censé relier le Nigeria via le Niger et l’Algérie. ainsi En renforçant leurs liens pétroliers directs, Alger et Niamey envoient un signal de stabilité aux investisseurs internationaux : l’axe énergétique central du continent est opérationnel.
Pour le nouveau ministre Hamadou Tinni, ce dossier est un baptême du feu. Réussir l’intégration des activités de Sonatrach sur le sol nigérien serait aussi une victoire majeure pour le régime de Niamey, désireux de prouver que le pays peut prospérer en s’appuyant sur des partenariats sud-sud solides.




