Niger : Tirs et détonations à Niamey, la situation sous contrôle - Journal du Niger

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Niger : Tirs et détonations à Niamey, la situation sous contrôle

Après une nuit d'angoisse marquée par des tirs à l'arme lourde aux abords de l'aéroport, le calme est revenu dans…

Après une nuit d’angoisse marquée par des tirs à l’arme lourde aux abords de l’aéroport, le calme est revenu dans la capitale nigérienne. Si les autorités assurent que la situation est « sous contrôle », cet épisode souligne la vulnérabilité croissante d’une ville désormais encerclée par les menaces.

C’est un scénario que les Niaméens espéraient ne plus revivre. Aux alentours de minuit, ce jeudi, le silence de la capitale a été rompu par le fracas des détonations. Des échanges de tirs à l’arme lourde, localisés dans la zone stratégique de l’aéroport international Diori-Hamani, ont plongé la ville dans une psychose immédiate.

Pendant de longues minutes, le sud de Niamey a vibré au rythme des tirs de mortier, avant que les Forces de défense et de sécurité (FDS) ne quadrillent le secteur. Si le calme est vraisemblablement revenu vers 2 heures du matin, l’épisode laisse derrière lui un épais brouillard d’incertitudes.

 

Une zone aéroportuaire hautement stratégique

Mais, pourquoi cette zone ? Le périmètre visé n’est pas qu’un simple carrefour aéroportuaire. Il abrite :

  • La Base aérienne 101, centre névralgique de l’armée de l’air nigérienne.
  • L’État-major de la Force Unifiée de la Confédération AES, fer de lance de la coopération militaire entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso.
  • Un enjeu économique explosif : une cargaison d’uranium destinée à l’exportation, actuellement au cœur d’un bras de fer juridique et diplomatique avec le géant français Orano.

 

Mobilisation des brigades patriotiques et rumeurs sur les réseaux sociaux

Alors que le gouvernement garde pour l’heure le silence, la bataille de l’information fait rage sur les réseaux sociaux. Pour contrer toute velléité de déstabilisation, les « brigades patriotiques » — ces soutiens civils du régime du général Abdourahamane Tiani — n’ont pas tardé à réagir. En effet, dès le milieu de la nuit, des groupes de jeunes ont investi les principaux ronds-points de la ville pour des opérations de « veille citoyenne ».

 

Le défi sécuritaire : Niamey face à la menace des trois frontières

Cet incident intervient dans un climat d’alerte maximale. Niamey n’est plus ce sanctuaire épargné par les soubresauts du Sahel. En fait, proche de la zone dite des « trois frontières », la capitale nigérienne vit sous la menace constante d’infiltrations terroristes.

« La réaction des FDS a été rapide », assure une source sécuritaire, précisant aussi que des opérations de ratissage se sont poursuivies jusqu’à l’aube dans les quartiers périphériques. Mais au-delà de la réponse militaire, cet événement pose la question de la porosité sécuritaire de la capitale à l’heure où la Confédération de l’AES tente de muscler sa stratégie commune.

Pour le CNSP, l’enjeu est désormais double : rassurer une population sur les dents et prouver que le dispositif de sécurité urbain est capable de résister aux assauts, qu’ils soient le fait de groupes armés terroristes ou de tentatives de déstabilisation interne.

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