Accusé de « complot contre l’autorité de l’État » et de financement du terrorisme, le fils de l’ancien président nigérien, Salem Bazoum, a été blanchi par la justice nigérienne. Un acquittement assorti de dommages et intérêts qui sonne comme un désaveu pour l’accusation.
Un verdict sans équivoque
L’épilogue est tombé, et il est en faveur de la défense. Salem Bazoum, 23 ans, fils du président déchu Mohamed Bazoum, est désormais libre de toute charge. En effet, la justice nigérienne a prononcé son acquittement définitif dans l’affaire qui le lie à de présumées activités de déstabilisation.
Non seulement la Cour a prononcé la relaxe pure et simple , mais elle a également franchi une étape rare dans ce type de dossiers sensibles : elle ordonne aux accusateurs le versement de dommages et intérêts au profit du jeune homme. Un signal fort qui souligne l’absence de preuves matérielles dans un dossier qui aura tenu le pays en haleine pendant de longs mois.
Rappel des faits : Un dossier sous haute tension
Depuis le coup d’État du 26 juillet 2023, Salem Bazoum se trouvait dans l’œil du cyclone. d’abord Les autorités l’ont détenu Salem Bazoum aux côtés de ses parents à la résidence présidentielle, avant de le transférer devant le tribunal militaire pour des poursuites.
Les charges portées contre lui étaient lourdes :
- Complot et atteinte à la sûreté de l’État : Il lui était reproché d’avoir participé à des manœuvres visant à renverser les nouvelles autorités de transition.
- Financement de groupes armés : L’accusation le soupçonnait également de servir de relais financier pour des mouvements hostiles au Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP).
Pourtant, dès janvier 2024, une première brèche s’était ouverte avec sa mise en liberté provisoire et son départ pour Lomé, suite à une médiation togolaise. Par ailleurs, ce verdict du 10 février 2026 vient clore définitivement le chapitre judiciaire de son exil.
Une justice nigérienne à l’épreuve de la politique
Pour de nombreux observateurs à Niamey, cet acquittement réaffirme l’indépendance de certains segments de la magistrature face aux dossiers à forte portée publique.
« La Cour a su dissocier le nom du prévenu de la charge politique de son dossier », commente un analyste local.
Finalement, en ordonnant une indemnisation financière pour le préjudice subi, la justice nigérienne envoie un message de stabilité et de prévisibilité, éléments essentiels pour la crédibilité des institutions en période de transition.




