Zinder, 11 février — Le gouvernement nigérien serre la vis dans la filière du gaz domestique. En déplacement dans la région de Zinder, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, a mené une série d’inspections inopinées dans les centres emplisseurs de la capitale du Damagaram et de ses environs. Objectif affiché : s’assurer de la disponibilité du GPL (gaz de pétrole liquéfié) et du respect strict des prix réglementés.

Des contrôles techniques approfondis
Dès son arrivée dans chaque site visité, le ministre a procédé à un examen minutieux des installations. Infrastructures techniques, chaîne de mise en bouteille, normes de sécurité, conditions de stockage, procédures d’approvisionnement et environnement de travail du personnel : aucun maillon n’a été épargné.
Cette tournée de terrain visait à évaluer la capacité opérationnelle réelle des centres emplisseurs, mais aussi à vérifier leur conformité aux standards en vigueur en matière de sécurité et de remplissage. Le gaz domestique, considéré comme un produit stratégique, occupe une place centrale dans la politique énergétique nationale.

Des manquements pointés du doigt
Au terme de ces visites, le constat dressé par le ministre s’est voulu ferme. Lors d’une réunion élargie tenue au gouvernorat de Zinder en présence des autorités administratives, des Forces de défense et de sécurité (FDS), des responsables des centres emplisseurs et des représentants des revendeurs, Abdoulaye Seydou n’a pas caché son insatisfaction.
Selon lui, plusieurs insuffisances ont été relevées, notamment des entorses à la réglementation en vigueur. Il a dénoncé des pratiques susceptibles d’entretenir une pénurie artificielle et de fausser le marché, au détriment des consommateurs et de l’État. Des comportements assimilés à des manœuvres spéculatives visant à tirer profit d’un produit de première nécessité.
Rappel strict de la réglementation
Face aux acteurs de la filière, le ministre a détaillé — y compris en langue haoussa — la structure officielle des prix du GPL ainsi que les dispositions de l’arrêté du 10 décembre encadrant la commercialisation du gaz domestique au Niger.
Ce texte précise les obligations incombant aux centres emplisseurs et aux revendeurs, ainsi que les sanctions prévues en cas de non-respect. Le gouvernement a accordé aux opérateurs un délai transitoire de trois mois pour se conformer aux nouvelles règles. Celui-ci arrive à échéance le 9 mars prochain, date après laquelle les contrevenants s’exposeront à des mesures coercitives.

Un enjeu écologique et social
Le ministre a rappelé que le gaz domestique constitue une alternative énergétique majeure dans la lutte contre la désertification, en réduisant la pression sur le bois de chauffe. Au-delà de la question des prix, c’est donc un enjeu environnemental et social qui se joue.
Le gouvernement affiche ainsi sa volonté de mettre fin à toute forme d’anarchie sur le marché du GPL. Les autorités entendent aussi garantir un approvisionnement régulier, des tarifs conformes aux décisions officielles et des conditions de sécurité optimales pour les consommateurs.
En conclusion, Abdoulaye Seydou a appelé les acteurs du secteur à faire preuve de responsabilité et de patriotisme afin d’assurer une distribution fluide du gaz dans tous les foyers de Zinder, dans le respect des prix fixés par l’État.




