Au Niger, le bras de fer entre les autorités de la cité minière et les réseaux de fraude vient de connaître un tournant décisif. Vingt-quatre heures après la mise en garde du Préfet d’Arlit, les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) ont démantelé un circuit illégal de revente d’essence. Un coup de filet qui donne raison au discours de fermeté du Lt-colonel Almoustapha Ousmane.

Le démantèlement d’un système bien huilé
L’opération a été chirurgicale. Alors que les rumeurs de pénurie de carburant commençaient à saturer l’espace public à Arlit, les Forces de Défense et de Sécurité (FDS) ont mis au jour ce que beaucoup soupçonnaient : une rétention organisée.
Le mode opératoire des fraudeurs était aussi simple que lucratif. Des conducteurs de tricycles et de taxis-motos s’approvisionnaient massivement au prix officiel à la pompe, soit 499 F CFA le litre, pour ensuite alimenter un marché noir parallèle. Dans les quartiers de la ville, le précieux liquide se revendait entre 1 500 et 3 000 F CFA, soit jusqu’à six fois son prix initial.
« La vérité contre la rumeur »
Ce coup de filet intervient dans un climat de tension médiatique. Pas plus tard qu’hier, lors d’un point de presse, le Préfet du département, le Lt-colonel Almoustapha Ousmane, pointait du doigt la responsabilité de certains transporteurs à trois roues dans l’assèchement artificiel des stocks.
« Je réaffirme que le problème n’était pas l’approvisionnement, mais la spéculation et la fraude organisée », a martelé le Préfet suite à l’intervention des FDS.
Pour les autorités locales, cette opération est une victoire contre la désinformation. En créant une pénurie fictive, les spéculateurs ne se contentaient pas de s’enrichir ; ils fragilisaient aussi la paix sociale dans une région déjà sous pression.

Un enjeu de sécurité et de justice sociale
Au-delà de l’aspect économique, cette saisie revêt un caractère sécuritaire majeur. Dans le grand Nord nigérien, le contrôle des flux de carburant est un enjeu stratégique pour éviter que l’essence ne vienne alimenter des réseaux plus opaques.
Par ailleurs, le Préfet d’Arlit a tenu à saluer le professionnalisme des FDS, rappelant que la fermeté restera de mise. Le message est clair : la protection du pouvoir d’achat des populations ne sera pas sacrifiée sur l’autel des intérêts particuliers des « trafiquants du quotidien ».




