Dans la nuit du 15 au 16 février 2026, peu avant minuit, un violent incendie a éclaté au marché de Soukounicoura, situé dans le quartier de Médina Coura, en plein cœur du district de Bamako.
Selon plusieurs témoins présents sur les lieux, les premières flammes auraient rapidement gagné les étals, attisées par la densité des installations et la proximité des commerces. Alertés dans l’urgence, les sapeurs-pompiers sont intervenus pour tenter de maîtriser le sinistre, évitant une propagation encore plus dramatique aux habitations voisines.

Des pertes matérielles considérables
Malgré la promptitude des secours, au petit matin, le constat était lourd. Les flammes ont entièrement consumé plusieurs boutiques et stands, laissant derrière elles des amas de cendres et de tôles tordues. En plus, des marchandises, parfois acquises à crédit, ont disparu en quelques heures.
Pour de nombreux commerçants, il s’agit d’un nouveau revers économique difficile à absorber. Dans ces marchés populaires, véritables poumons commerciaux de la capitale malienne, l’activité quotidienne assure la subsistance de milliers de familles.
À ce stade, les causes de l’incendie demeurent indéterminées. Les autorités compétentes n’ont encore avancé aucune piste officielle. Par ailleurs, les enquêtes devront établir s’il s’agit d’un accident d’origine électrique, d’une négligence ou d’un autre facteur.
Une vulnérabilité structurelle des marchés urbains
Ce drame remet également en lumière la fragilité persistante des infrastructures marchandes dans plusieurs capitales de l’espace sahélien. Souvent caractérisés par des installations électriques précaires, un enchevêtrement de constructions légères et une absence de dispositifs anti-incendie efficaces, ces marchés restent particulièrement exposés aux sinistres nocturnes.
Au-delà des pertes immédiates, cette situation menace l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement locale : hausse des prix, raréfaction de certains produits, ralentissement de l’activité commerciale.

Une répétition qui interroge
Ces incendies à répétition dans l’espace de la Confédération interrogent. Après les marchés touchés au Niger, voilà que Bamako est à son tour frappée. Simple succession de drames urbains liés à la vétusté des installations et aux défaillances électriques, ou signal d’alerte plus profond sur la vulnérabilité économique des pays de l’AES ?
Dans des économies où les marchés constituent le cœur battant de l’approvisionnement et du commerce populaire, chaque sinistre fragilise davantage les populations déjà éprouvées par la conjoncture. D’ailleurs, une chose est certaine : la multiplication de ces drames impose une vigilance accrue des autorités, un renforcement des dispositifs de prévention et un contrôle plus rigoureux des infrastructures.
Car au-delà des flammes, c’est la stabilité sociale et alimentaire qui se joue. Et face aux braises encore fumantes, une question demeure : qui sera le prochain à payer le prix de ces incendies si rien n’est fait pour en prévenir la répétition ?




