Zinder, 16 mars 2026 – Dans l’enceinte de la station régionale de la Radiotélévision du Niger (RTN), les voix se sont élevées avec une intensité particulière. Versets récités avec précision, invocations murmurées par la foule et applaudissements nourris ont rythmé la cérémonie de remise des prix de la 19ᵉ édition de la Moussabaka SR/RTN de Zinder. Bien plus qu’une compétition religieuse, l’événement s’est imposé cette année encore comme un moment de communion spirituelle et citoyenne dans la capitale historique du Damagaram.
Placée sous la présidence du gouverneur de la région, le colonel Massalatchi Mahaman Sani, la cérémonie a rassemblé un large éventail d’autorités administratives, de dignitaires religieux et de partenaires institutionnels. Tous étaient venus assister à la consécration de jeunes talents dont la maîtrise du Noble Coran témoigne aussi de la vitalité de l’enseignement islamique dans cette partie du Niger.

Une tradition spirituelle solidement ancrée
Depuis près de deux décennies, la Moussabaka organisée par la station régionale de la RTN de Zinder s’est imposée comme l’un des grands rendez-vous religieux et culturels de la région. Chaque édition attire des centaines de participants issus des écoles coraniques et des centres d’apprentissage religieux.
Au fil des années, l’initiative est devenue bien plus qu’un concours de récitation. En effet, elle s’est transformée en un espace de transmission des valeurs spirituelles, mais aussi en un symbole de cohésion sociale dans une région où la foi demeure un puissant facteur d’unité.
Cette 19ᵉ édition n’a pas dérogé à la règle. Les locaux de la RTN ont accueilli une foule nombreuse venue soutenir les candidats et partager ce moment de ferveur collective.

Autorités traditionnelles et religieuses au rendez-vous
Par ailleurs, la cérémonie s’est déroulée en présence de plusieurs personnalités influentes de la région. Parmi elles figurait Sa Majesté le Sultan du Damagaram, El Hadj Aboubacar Sanda Oumarou, dont la présence a donné une dimension particulière à l’événement.
Étaient également présents le chef de canton de Mirriah, le directeur régional de la Banque Islamique BIN ainsi que plusieurs invités de marque.
Tous ont salué une initiative qui contribue à valoriser la culture islamique et à encourager les jeunes générations à approfondir leur connaissance du Coran.

Un message de paix dans un contexte national sensible
Dans son intervention, le gouverneur Massalatchi Mahaman Sani a transmis les salutations des autorités nationales et rappelé également l’appel à la mobilisation lancé par le président du Niger, le général Abdourahamane Tiani.
Il a notamment invité les fidèles à intensifier les prières pour la paix, la sécurité et la stabilité du pays. Un message qui a trouvé un écho particulier dans l’assistance.
Dans une région marquée par les défis sécuritaires que connaît le Sahel, les autorités voient aussi dans ce type d’événement un puissant levier de cohésion et de résilience sociale.
Des lauréats qui incarnent l’avenir
Moment le plus attendu de la cérémonie : la proclamation des résultats. Les candidats étaient répartis en plusieurs catégories, allant de la mémorisation de deux Hizibs jusqu’à celle de l’intégralité du Coran.
Ainsi, les lauréats ont été récompensés par des prix variés : motos, bicyclettes, appareils électroménagers ou encore produits alimentaires, offerts grâce au soutien de partenaires et de sponsors.
Parmi les récipiendaires figurent Roufaida Saminou, distinguée dans la catégorie des deux Hizibs, Kadija Youssouf pour cinq Hizibs, Hayrad Sallah pour dix Hizibs, Absatou Sani pour quinze Hizibs et Noura Sallah pour la mémorisation complète du Livre saint.
Le grand prix du jury est revenu à Moussa Malam Siradji, qui a impressionné les membres du jury en obtenant 270 points, une performance saluée par l’ensemble de l’assistance.

Une compétition où la foi prime sur la victoire
Au-delà des récompenses matérielles, les responsables religieux ont tenu à rappeler l’esprit profond de la Moussabaka.
Prenant la parole, le Sultan du Damagaram ainsi que l’administrateur délégué de la ville de Zinder ont insisté sur la dimension spirituelle de l’événement. Dans ce concours, ont-ils souligné, il n’y a ni vainqueur ni vaincu : seul Allah récompense l’effort et la sincérité des croyants.
Cette philosophie explique sans doute l’engouement croissant autour de la Moussabaka, qui attire chaque année davantage de participants et de fidèles.

Zinder, capitale spirituelle le temps d’une soirée
Au terme de la cérémonie, les bénédictions et les prières collectives ont prolongé l’atmosphère de ferveur qui a marqué l’événement.
Pour de nombreux participants, cette 19ᵉ édition restera comme un moment fort de fraternité et de spiritualité, rappelant ainsi que la transmission du savoir religieux demeure un pilier essentiel de la société nigérienne.
Dans la ville historique de Zinder, berceau de traditions et de culture islamique, la Moussabaka continue ainsi de tracer un pont entre héritage religieux, jeunesse et unité nationale.




