La Turquie s’apprête à extraire son premier or au Niger. Le ministre turc de l’Énergie, Alparslan Bayraktar, a annoncé ce jeudi 5 novembre 2026 que les entreprises publiques Eti Maden et MTA International (MTAIC) lanceront la production dans les prochains jours, une avancée qui renforce la présence minière d’Ankara au Sahel.
Une production imminente
Bayraktar a précisé que les premières quantités d’or devraient sortir du site nigérien « dans les prochains jours ». Il a présenté cette étape comme le résultat d’un partenariat entre Eti Maden, spécialiste public des minerais, et MTAIC, bras international du groupe minier turc.
L’annonce intervient après une mission technique conduite au Niger en juin 2026. La délégation avait inspecté le site aurifère, où les installations de production étaient alors en cours de préparation et de mise en service. Pour Niamey, ce démarrage marque une étape concrète dans la valorisation de ses ressources aurifères. Pour Ankara, il constitue la première production d’or turque réalisée hors de ses frontières.
La présence turque au Niger ne date pas de cette annonce. MTAIC a engagé ses activités d’exploration dans le pays en 2020, dans des zones connues pour une importante activité d’orpaillage artisanal.
Ses filiales détiennent chacune trois permis de recherche aurifère, notamment dans les régions de Tillabéri et d’Agadez. Les équipes ont mené des cartographies géologiques, des relevés géophysiques, des forages carottés ainsi que des études de préfaisabilité et de faisabilité.
En juin 2026, le ministre turc avait déjà évoqué l’arrivée d’équipements au Niger et l’objectif d’une première production dans les mois suivants. La déclaration de jeudi confirme donc l’accélération d’un projet longtemps resté au stade de l’exploration et de la préparation industrielle.
Un enjeu économique et géopolitique
Le Niger cherche à diversifier ses partenariats miniers et à convertir davantage ses ressources naturelles en recettes publiques, en emplois et en compétences locales. Le lancement de cette production s’inscrit dans cette stratégie de valorisation minière. Pour la Turquie, l’opération élargit son accès aux ressources stratégiques africaines. Elle renforce aussi sa position dans un Sahel où Ankara développe une coopération économique et sécuritaire plus affirmée.
Les observateurs attendront désormais des données précises : volume d’or produit, capacité industrielle du site, emplois créés, retombées fiscales et conditions de partage de la valeur. Ces indicateurs détermineront si cette première production devient le point de départ d’une exploitation durable ou une avancée surtout symbolique.
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