À Niamey, la question de l’accès équitable aux médias publics refait surface. Ce mardi 17 mars 2026, dans une salle de réunion, l’Observatoire National de la Communication (ONC) a accueilli une délégation de la Coalition des Centrales Syndicales du Niger (CCSN). Une rencontre à forte portée symbolique, mais surtout révélatrice de tensions persistantes autour de la visibilité médiatique des acteurs sociaux.
Une visite de courtoisie aux allures de plaidoyer
Officiellement, il s’agissait d’une visite de félicitations adressée à Ibrahim Manzo Diallo, récemment nommé à la tête de l’ONC. Mais derrière les mots protocolaires, le message des syndicats était clair : l’accès aux médias publics reste un défi concret.
Face au président de l’institution, entouré de ses proches collaborateurs et de la direction de la communication, les représentants syndicaux ont exprimé leurs préoccupations. En ligne de mire : la difficulté à faire couvrir leurs activités, souvent reléguées au second plan dans l’agenda médiatique national.
Médias publics : entre réglementation et réalités du terrain
Dans sa réponse, le président de l’ONC a rappelé le cadre juridique qui régit l’accès aux médias d’État. Il s’est appuyé notamment sur un texte de référence adopté en 2013, qui fixe les règles du jeu pour les citoyens, les organisations et les partis politiques.
Cependant, au-delà de cette base réglementaire, une question demeure : ces dispositions sont-elles réellement appliquées de manière équitable ?
Car sur le terrain, les syndicats dénoncent une visibilité inégale, voire insuffisante, de leurs actions. Une situation qui pose la problématique plus large de l’équilibre de traitement entre les différents acteurs de la vie publique.
Transparence et équité : des engagements attendus
Face à ces préoccupations, l’ONC se veut rassurant. Son président a réaffirmé la volonté de l’institution de garantir un accès juste et transparent aux médias publics, en conformité avec ses missions de régulation.
Un engagement qui, pour les organisations syndicales, devra désormais se traduire en actes concrets. Car au-delà des déclarations, c’est bien la pratique quotidienne des médias publics qui est scrutée.
Un dialogue qui en appelle d’autres
Cette rencontre s’inscrit dans une dynamique d’ouverture affichée par l’ONC. En multipliant les échanges avec les acteurs sociaux, l’institution cherche à renforcer la confiance et à apaiser les frustrations.
Mais une interrogation persiste : ce dialogue suffira-t-il à corriger les déséquilibres dénoncés ?
Dans un contexte où l’information reste un levier de pouvoir et d’influence, l’accès aux médias publics ne relève pas seulement d’un droit administratif. Il constitue un enjeu démocratique majeur.




