À Niamey, le gouvernement nigérien passe à l’offensive contre l’inflation. Ce mercredi 28 janvier, le Premier ministre Ali Mahaman Lamine Zeine a lancé une opération massive de vente de riz local à prix subventionnés. Entre enjeux de sécurité alimentaire et démonstration de résilience, Niamey joue la carte du patriotisme économique.
L’image se veut forte. Au Palais du 29 Juillet, transformé pour l’occasion en immense magasin d’État, le Premier ministre, entouré de la présidente du Fonds de Solidarité pour la Sauvegarde de la Patrie (FSSP), Mme Raki Djamakoye, et de plusieurs membres du gouvernement, a donné le coup d’envoi de la vente de plus de 1 000 tonnes de riz local. Baptisée « Spécial Ramadan » — bien que lancée en avance pour stabiliser les stocks —, cette opération vise à écouler 42 000 sacs de riz rachetés directement aux producteurs nationaux.
Pour Ali Mahaman Lamine Zeine, cette opération est bien plus qu’une simple mesure sociale. C’est la preuve, selon lui, de la réussite du programme de « Grande Irrigation » lancé par le général Abdourahamane Tiani. « C’est la capacité de notre peuple à se prendre en charge, en produisant pour lui-même », a-t-il martelé devant les officiels.
Deux ans après l’embargo de la Cedeao qui avait durement frappé les étals nigériens, Niamey veut prouver que le pays peut désormais se passer du riz importé, dont les prix mondiaux restent volatils.
Grâce au financement du FSSP (à hauteur de plus de 2 milliards de FCFA pour la réhabilitation des périmètres irrigués), l’Office National des Aménagements Hydro-agricoles (ONAHA) peut proposer des tarifs imbattables :
Le sac de 25 kg de riz premium (Riz 33) s’affiche à 10 500 FCFA, contre environ 13 500 FCFA sur le marché habituel.
La brisure de riz, base de l’alimentation populaire, descend à 8 000 FCFA les 25 kg.
L’enjeu est désormais de taille : transformer cette opération ponctuelle, qui durera jusqu’au 6 février, en une habitude de consommation durable. Le Niger, qui dispose de 11 millions d’hectares irrigables mais n’en exploite qu’une fraction, parie sur cette visibilité pour encourager les investissements privés dans la filière.
En impliquant le Fonds de Solidarité, le CNSP réaffirme que la « sauvegarde de la patrie » passe aussi par l’assiette. Reste à savoir si la production suivra la cadence pour approvisionner le reste du pays, alors que Niamey concentre pour l’instant l’essentiel de la distribution.
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