Niger : l'ARCEP lance sa plateforme de contrôle en temps réel des télécoms - Journal du Niger



Niger : l’ARCEP lance sa plateforme de contrôle en temps réel des télécoms

Sous l'impulsion du général d'armée Abdourahamane Tiani, le Niger franchit une étape décisive dans sa quête de souveraineté économique. Ce…

Sous l’impulsion du général d’armée Abdourahamane Tiani, le Niger franchit une étape décisive dans sa quête de souveraineté économique. Ce mercredi 28 janvier, Niamey a inauguré sa plateforme nationale de contrôle des réseaux mobiles. Un outil technologique de rupture qui permet désormais à l’État de surveiller, en temps réel et sans intermédiaire, les revenus et la qualité de service des opérateurs.

En effet, c’est une révolution qui s’est jouée ce matin au siège de l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (ARCEP). En coupant le ruban inaugural au nom du Premier ministre, la ministre de la Fonction publique, Mme Aïssatou Abdoulaye Tondi, a envoyé un signal clair aux acteurs du secteur : l’ère de l’asymétrie d’information est révolue.

ARCEP Niger
© ARCEP Niger

Le nouveau système de contrôle intelligent des télécommunications

Déployée par le prestataire tunisien Infocom International (déjà actif au Mali et au Togo), cette plateforme est un concentré de technologie « non intrusive ». Connectée directement au cœur des réseaux des opérateurs (2G, 3G, 4G et bientôt 5G), elle aspire également les données de trafic et les flux financiers sans intervention humaine.

Pour Niamey, l’enjeu est triple :

  1. Fiscalité : S’assurer que chaque franc généré par les appels et la data est déclaré et taxé à sa juste valeur. Un mémorandum d’entente a d’ailleurs été signé dans la foulée entre l’ARCEP et la Direction Générale des Impôts (DGI) pour un partage automatique des données.
  2. Qualité : Mesurer objectivement le taux de réussite des appels et la couverture réelle, souvent critiqués par les usagers.
  3. Lutte contre la fraude : Détecter instantanément les pratiques illicites (bypass, sous-déclaration de trafic) qui grèvent les recettes publiques.

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© ARCEP Niger,

L’arme de la « Refondation »

« La régulation ne peut plus reposer sur des mécanismes déclaratifs ou des outils partiels », a martelé la ministre Aïssatou Tondi. Pour le Conseil National pour la Sauvegarde de la Patrie (CNSP), ce dispositif est un pilier de la « refondation nationale ». En reprenant le contrôle des données techniques et économiques, le Niger s’affranchit aussi de la dépendance aux rapports fournis par les opérateurs privés (Moov Africa, Airtel, Niger Telecoms).

ARCEP Niger
© ARCEP Niger

Un projet de dix ans qui aboutit

Le Directeur général de l’ARCEP, le Colonel-major Idrissa Chaïbou, n’a pas caché sa satisfaction. Ce projet, en gestation depuis plus d’une décennie, consacre l’aboutissement d’un effort de souveraineté technologique. Avec une architecture modulaire et sécurisée, le Niger dispose désormais d’un tableau de bord dynamique pour piloter son économie numérique.

En se dotant d’un instrument déjà éprouvé chez ses voisins de l’Alliance des États du Sahel (AES), le Niger harmonise ainsi sa puissance de régulation. Reste désormais à voir comment les opérateurs accueilleront cette supervision « en temps réel », dans un secteur qui constitue l’un des principaux pourvoyeurs de recettes fiscales du pays.

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