NIAMEY (Niger), 25 février 2026 — Le football se joue sur la pelouse, mais ces dernières semaines, c’est dans les bureaux de commissions et sur les réseaux sociaux que les scores semblaient se décider. Face à une multiplication sans précédent de recours et de contestations juridiques, le sommet de la Fédération Nigérienne de Football (FENIFOOT) a décidé de contre-attaquer.
Lundi 23 février, lors d’un point de presse aux allures d’opération de clarification, les ténors de la fédération ont dressé un constat sans concession : le championnat national traverse une zone de turbulences réglementaires qui menace l’image même du sport roi au Niger.

Le « scandale des licences » : les faits qui fâchent
L’instance fédérale n’a pas utilisé de pincettes pour décrire l’ampleur du mal. Au cœur de la tempête ? Des manœuvres administratives qui faussent la donne sur le terrain. Oumar Hima Souley , Président de la Commission Compétitions, a mis en lumière des dossiers brûlants impliquant des piliers du football local :
- L’imbroglio des transferts (Sahel SC, AS UAM et Urana FC) : la fédération a constaté l’utilisation de faux Certificats Internationaux de Transfert (CIT) lors des confrontations entre ces géants de la Super Ligue. En clair, certains joueurs ont obtenu leurs licences grâce à des documents falsifiés, rendant leur participation illégale.
- L’affaire URANA FC vs USGN : ici, c’est le spectre de la fraude documentaire qui plane. Des licences internationales auraient été obtenues par des chemins détournés, une pratique qui frappe de plein fouet l’équité sportive lors de ces rencontres de haut vol.
- Le dossier brûlant USGN vs AS UAM : Plus grave encore, la FENIFOOT a pointé du doigt un cas de « double identité ». Un joueur évoluant sous deux noms différents, une pratique strictement interdite qui jette aussi un froid sur l’éthique des clubs impliqués.

« La loi, rien que la loi »
Face à ce que Mohamed Silimane, président de la Commission Communication, dénonce comme de la « mauvaise foi » et des « polémiques artificielles », l’instance fédérale rappelle avec fermeté que les décisions d’homologation reposent strictement sur les textes adoptés par les clubs eux-mêmes.
« Nous avons tranché en toute responsabilité. Le cadre réglementaire n’est pas une option, c’est un impératif », a martelé M. Silimane, au nom du président de la FENIFOOT, Issaka Adamou.
Pour mettre fin aux recours répétitifs, une note circulaire transitoire impose désormais la confirmation immédiate de toutes les licences de la saison en cours, afin d’assainir durablement la base de données fédérale.

La cybercriminalité en ligne de mire
Le secrétaire général, Moulaye Mahamane Oumarou, a insisté sur l’urgence de protéger l’intégrité des tournois. Mais au-delà du terrain, c’est le terrain numérique qui inquiète. La FENIFOOT s’alarme de la virulence des débats sur les réseaux sociaux.
En effet, l’instance avertit : les publications tendancieuses qui menacent la cohésion sociale sous prétexte de rivalité sportive pourraient désormais tomber sous le coup de la loi sur la cybercriminalité. Un avertissement formel aux acteurs du football pour qu’ils privilégient la responsabilité au buzz destructeur.
La FENIFOOT impose la rigueur
En somme, cette sortie médiatique ferme la porte à l’ère de l’incertitude. En passant d’une phase de tolérance à une phase de rigueur technologique et juridique, la FENIFOOT tente de boucler la boucle des désagréments administratifs. L’objectif est clair : faire en sorte que dès la saison prochaine, le seul verdict qui compte soit celui du sifflet final. Le message est passé : le football nigérien doit grandir, ou il s’étouffera sous ses propres querelles.




