Paiements sans frontières : Grey lance des comptes professionnels en dollars et vise 170 pays - Journal du Niger



Paiements sans frontières : Grey lance des comptes professionnels en dollars et vise 170 pays

Lagos (Nigeria), 24 février 2026 – Dans un contexte où les entreprises africaines cherchent à commercer au-delà de leurs frontières,…

Lagos (Nigeria), 24 février 2026 – Dans un contexte où les entreprises africaines cherchent à commercer au-delà de leurs frontières, la fintech Grey annonce une nouvelle étape dans son expansion : l’intégration de comptes professionnels en dollars américains, de paiements groupés et de transactions en stablecoin USDC sur une plateforme unique.

Derrière cette annonce technique se cache un enjeu stratégique : réduire les obstacles qui freinent encore les entreprises des marchés émergents lorsqu’elles veulent encaisser ou envoyer de l’argent à l’international.

Un problème ancien : le coût et la lenteur des transferts

Pour de nombreuses PME africaines — y compris au Niger —, recevoir un paiement en devise étrangère relève parfois du parcours du combattant. Frais élevés, délais de traitement imprévisibles, commissions d’intermédiaires et manque de clarté sur les taux de change grignotent les marges.

Selon les données de la Banque mondiale, les transferts internationaux coûtent encore en moyenne entre 6 % et 7 % du montant envoyé. À cela s’ajoutent plusieurs jours d’attente avant que les fonds ne soient réellement disponibles.

Dans un environnement où la trésorerie conditionne la survie des entreprises, ces lenteurs peuvent freiner l’investissement, retarder le paiement des fournisseurs ou compliquer la gestion des salaires.

Grey
© Grey

Grey mise sur la rapidité et la transparence.

Pour pallier à cela, la plateforme permet désormais aux entreprises d’ouvrir un compte professionnel en dollars américains, de recevoir des paiements de clients étrangers et d’effectuer des versements vers plus de 170 pays, y compris sous forme de paiements groupés.

Autre nouveauté : la prise en charge du stablecoin USDC, une monnaie numérique adossée au dollar américain. L’objectif affiché est de proposer des règlements plus rapides, avec des frais clairement annoncés à l’avance.

Pour Idorenyin Obong, cofondatrice et directrice générale de Grey, le commerce international est aujourd’hui accessible à tous grâce au numérique, mais l’accès aux services bancaires mondiaux reste inégal. La fintech entend combler cet écart en simplifiant les transactions transfrontalières.

Joseph Femi Aghedo, directeur des opérations, souligne pour sa part que l’incertitude sur les coûts et les délais ralentit la croissance. En centralisant les paiements, la gestion de la paie et les règlements fournisseurs, Grey promet ainsi une solution plus fluide pour les entreprises opérant à l’échelle internationale.

Une expansion progressive vers plusieurs continents

Fondée en 2020, l’entreprise a progressivement élargi son empreinte. Déjà présente aux États-Unis, au Royaume-Uni et dans plusieurs pays européens, elle s’est récemment implantée en Amérique latine et en Asie du Sud-Est.

Grey détient notamment des licences délivrées par la FINTRAC au Canada et par la FinCEN aux États-Unis, gages de conformité réglementaire dans des environnements strictement encadrés.

Au-delà des comptes en USD, l’offre comprend aussi des comptes multidevises, des transferts internationaux à coûts réduits, une carte virtuelle en dollars et des outils de gestion des dépenses.

Quel impact pour les entreprises Niger ?

Pour les entrepreneurs nigériens actifs dans le numérique, l’import-export ou les services à distance, ces évolutions pourraient représenter une opportunité concrète. La possibilité de recevoir rapidement des paiements en dollars, sans passer par des circuits bancaires longs et coûteux, peut améliorer la compétitivité.

Reste toutefois un défi plus large : l’adoption massive de ces solutions numériques dépendra de la confiance des utilisateurs, de la stabilité réglementaire locale et de l’éducation financière.

À l’heure où les économies africaines cherchent à renforcer leur intégration au commerce mondial, la bataille des paiements transfrontaliers s’impose comme un terrain stratégique. Et les fintechs, à l’image de Grey, entendent bien y jouer un rôle central.

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