Antananarivo,16 janvier 2026— Un vent de rupture radicale souffle sur les plateaux de l’Imerina. De retour d’un voyage officiel à Abu Dhabi, le Colonel Michaël Randrianirina, Président de la Refondation de la République, a lâché une annonce qui fait l’effet d’une bombe géopolitique dans l’Océan Indien : Madagascar s’apprête à construire sa propre usine d’armement en partenariat avec la Chine.
Ce projet industriel, dont les contours restent encore confidentiels, marque la fin d’une ère. En sélectionnant Pékin pour bâtir son autonomie militaire, la Grande Île tourne brutalement le dos à sa dépendance historique envers Paris.
La fin du « domaine réservé » français
Le virage s’est amorcé discrètement, quelques semaines après le soulèvement populaire d’octobre 2025. Selon des sources concordantes, le nouveau régime a suspendu la coopération militaire avec la France. Les cinq derniers coopérants français affectés à l’état-major et aux écoles militaires ont reçu l’ordre verbal de ne plus se présenter.
Officiellement, les autorités invoquent des « raisons de sécurité ». Officieusement, la décision semble liée à l’exfiltration de l’ancien président Andry Rajoelina par un avion militaire français, un épisode encore mal accepté. Le départ des conseillers français — dont un ancien pilote de Rafale encadrant une flotte composée d’avions légers — marque la fin de ce que le nouveau pouvoir considère comme des « relais d’influence étrangère ».
Le coût de la dépendance et l’appel de l’Est
Au‑delà de l’orgueil national, l’enjeu est aussi financier. La coopération avec la France représentait un coût supérieur à un million d’euros par an pour l’État malgache. Désormais, Antananarivo choisit de réorienter ces ressources vers le développement d’une capacité industrielle locale.
Alors que Paris glisse progressivement au rang de partenaire secondaire, d’autres puissances s’imposent dans le paysage. Pékin se positionne comme acteur industriel majeur pour la future usine d’armement, en promettant des transferts de technologie. Moscou, de son côté, renforce son empreinte avec l’arrivée récente d’instructeurs chargés de former les troupes malgaches à l’utilisation de nouveaux équipements. Quant à Washington, il suit attentivement cette recomposition stratégique et manifeste un intérêt croissant pour la place géopolitique de l’île.
Une armée pour la « Refondation »
Pour le colonel Randrianirina, la défense nationale constitue le levier central de la souveraineté. L’usine d’armement prévue sur le sol malgache doit permettre au pays de ne plus subir sa sécurité, mais de l’assumer pleinement. Jusqu’ici, l’usine de Moramanga demeurait insuffisante pour garantir une autonomie réelle.
En redéfinissant ses alliances, Madagascar adresse un message clair : la Grande Île refuse désormais d’être considérée comme un terrain réservé. La « Refondation » prônée par le nouveau régime passe par une armée équipée localement, formée par des partenaires diversifiés et affranchie des accords verbaux du passé.




