À l’heure de son centenaire, Niamey redessine sa carte pour mieux raconter son histoire. La capitale nigérienne a procédé au rebaptême de deux axes majeurs : le Rond-point Sony devient désormais Rond-point Djibo Soko (ACN3), tandis que la Rue KM 42 est officiellement élevée au rang de Boulevard Askia Nouhou – Koiramé (ACN2).
Derrière ces changements d’appellation se dessine une volonté politique assumée : inscrire dans l’espace urbain les figures qui ont marqué l’histoire nationale et renforcer le lien entre mémoire collective et quotidien des habitants.
Longtemps identifié sous le nom de Rond-point Sony, en référence à une enseigne bien connue, le carrefour stratégique d’ACN3 porte désormais le nom de Djibo Soko. Ce choix marque un tournant symbolique : remplacer une référence commerciale par une figure nationale.
En rebaptisant ce rond-point, la Ville de Niamey affirme que l’espace public doit refléter les valeurs et les personnalités qui ont contribué à bâtir la cité. Le nom de Djibo Soko rejoint ainsi la géographie quotidienne des Niameyens, visible sur les panneaux et prononcé dans les indications routières.
Autre décision forte : la Rue KM 42 devient Boulevard Askia Nouhou-Koiramé, dans la zone ACN2. En donnant à cette voie le titre de boulevard, la municipalité ne se contente pas de changer une plaque ; elle élève symboliquement l’artère au rang des grands axes porteurs de mémoire.
À travers cette nouvelle appellation, la ville rend hommage à une personnalité ayant marqué l’histoire politique, sociale ou culturelle du Niger. Le choix du nom Askia Nouhou souligne la volonté d’ancrer dans l’espace urbain les figures qui ont façonné l’identité nationale.
Ces baptêmes s’inscrivent dans le cadre plus large des célébrations du centenaire de Niamey. Cet anniversaire offre aussi l’occasion de revisiter le passé et de repenser les symboles qui structurent la capitale.
La politique de refondation engagée par les autorités nationales met l’accent sur la transmission des valeurs culturelles et historiques. Pour la municipalité, cela passe par un travail concret : transformer les codes administratifs ou les références neutres en noms porteurs de sens.
Les rues, les carrefours et les boulevards deviennent ainsi des outils pédagogiques à ciel ouvert. Chaque plaque rappelle une trajectoire, un engagement, une contribution à la construction du pays.
Dans une ville en pleine croissance, où les quartiers s’étendent et les infrastructures se multiplient, la question des noms n’est pas secondaire. Elle participe ainsi à la construction d’une identité urbaine forte.
En rebaptisant le Rond-point Sony et la Rue KM 42, Niamey choisit de faire de son espace public un miroir de son histoire. Un choix qui vise aussi à renforcer l’unité, la reconnaissance et le sentiment d’appartenance.
Car au-delà des panneaux et des cérémonies officielles, ces décisions rappellent une réalité simple : une ville ne se résume pas à ses routes et à ses bâtiments. Elle vit aussi à travers les noms qu’elle choisit d’honorer.
Suivez l'information en direct sur notre chaîne WHATSAPP