Dans un contexte régional marqué par des enjeux de sécurité persistants, les populations du nord du Niger se sont rassemblées ce mercredi 11 février 2026. D’Agadez à Arlit, autorités civiles, militaires et chefs religieux ont uni leurs voix pour une journée de dévotion nationale, à quelques semaines du début du mois de Ramadan.

Le cœur d’Agadez bat à la grande mosquée Emiskini.
Sous les minarets chargés d’histoire de la Grande Mosquée du Sultanat de l’Aïr, l’image était forte. Le Gouverneur de la région, le Général de Division Ibra Boulama Issa, et le Sultan de l’Aïr, Son Altesse Oumarou Ibrahim Oumarou, ont pris place aux côtés des fidèles pour une séance de lecture intégrale du Saint Coran.
L’objectif affiché par les organisateurs est clair : invoquer la protection divine pour le Niger face aux « tentatives de déstabilisation ». Ce rassemblement, qui a réuni toutes les couches socio-professionnelles, se veut un rempart spirituel et un acte de cohésion derrière les autorités de la transition.

Arlit et Dannet : la ferveur gagne le désert
Par ailleurs, le mouvement de dévotion ne s’est pas limité à la capitale régionale. À Arlit, cité minière par excellence, le préfet, le Lieutenant-Colonel Almoustapha Ousmane, a également conduit une cérémonie similaire à la grande mosquée de la ville.
Le message porté par les autorités est celui de la gratitude. Au nom du chef de l’État, le Général d’Armée Abdourahamane Tiani, le préfet a transmis les encouragements du sommet de l’État aux Oulémas, saluant ainsi un « engagement à la fois religieux et citoyen ».
Signe que cette mobilisation irrigue les zones les plus reculées, le préfet s’est ensuite rendu à Tchintaghat, dans la commune rurale de Dannet. Dans ce village, la prière s’est doublée d’un geste patriotique : une collecte spontanée au profit du Fonds de Solidarité pour la Sauvegarde de la Patrie (FSSP) a permis de mobiliser la somme de 61 000 FCFA.

La foi comme levier de résilience
À l’approche du mois béni de Ramadan, les autorités administratives ont invité les Nigériens à pérenniser ces moments de recueillement. Pour les observateurs locaux, ces rassemblements massifs, où se côtoient képis et turbans, visent à réaffirmer l’unité du pays alors que les défis sécuritaires restent au cœur des préoccupations.
Au-delà de l’aspect purement religieux, cette journée de prières collectives fonctionne aussi comme un baromètre de la mobilisation populaire et du soutien aux Forces de défense et de sécurité (FDS), citées au cœur de toutes les invocations ce mercredi.




