Pénurie de carburant à Agadez : le gouverneur impose transparence et répression - Journal du Niger



Pénurie de carburant à Agadez : le gouverneur impose transparence et répression

Alors que le Nord du Niger suffoque sous une pénurie de carburant sans précédent, les autorités régionales ont sifflé la…

Alors que le Nord du Niger suffoque sous une pénurie de carburant sans précédent, les autorités régionales ont sifflé la fin de la récréation ce mardi 7 avril 2026. Entre interdictions strictes et surveillance technologique, le Gouverneur tente de reprendre la main sur un circuit de distribution gangrené par la spéculation.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

Le constat d’une économie asphyxiée

Depuis plusieurs semaines, les pompes à essence de la capitale de l’Aïr sont désespérément sèches, tandis que les bidons de rue, eux, débordent à des tarifs prohibitifs. Ce paradoxe insupportable pour les citoyens a poussé le Général de Division Ibra Boulama Issa à convoquer une cellule de crise au gouvernorat. Autour de lui, l’ensemble de l’appareil sécuritaire et administratif — maires, chefs traditionnels, forces de défense et experts du secteur pétrolier — a dû rendre des comptes sur ce déséquilibre flagrant.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

La fin des « revendeurs de l’ombre »

Ainsi, le premier levier actionné par le pouvoir régional est celui de la répression de l’informel. Le constat est limpide : le commerce ambulant nourrit la pénurie en détournant les stocks officiels vers des circuits parallèles.

Désormais, la vente d’essence à la sauvette est formellement interdite dans toute la zone urbaine d’Agadez. Pour garantir l’application de cette règle, les patrouilles des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) vont multiplier les descentes sur le terrain. L’objectif est clair : forcer le flux de carburant à rester dans le circuit légal afin de stabiliser les prix.

Gouvernorat d'Agadez
© Gouvernorat d'Agadez

La technologie au service de la transparence

En conséquence, la mesure la plus innovante de ce plan de sauvetage reste l’obligation pour chaque station-service de s’équiper de caméras de surveillance. Ce dispositif vise à :

  • Surveiller les livraisons pour éviter les déchargements clandestins.
  • Identifier les pratiques de stockage illicites par les gérants eux-mêmes.
  • Garantir une traçabilité totale de la goutte d’essence jusqu’au réservoir du consommateur.

Par cette décision, le Gouverneur transforme chaque station en un espace sous haute vigilance, où la transparence devient la condition sine qua non de l’exercice commercial.

Gouvernorat d'Agadez
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Pénurie de carburant : un appel au sursaut patriotique

Enfin, au-delà des sanctions, le Général Ibra Boulama Issa a plaidé pour une prise de conscience collective. « Nous ne tolérerons plus la spéculation qui asphyxie notre économie », a-t-il martelé, appelant les opérateurs économiques et les citoyens à une union sacrée pour préserver l’intérêt général au détriment des profits immédiats et illégitimes.

En s’attaquant de front à la « mafia du bidon », les autorités d’Agadez tentent une thérapie de choc pour rétablir l’équité sociale. Mais une question demeure : le réseau officiel pourra-t-il absorber seul la demande, notamment dans les zones reculées où le marché noir reste souvent le seul moteur de mobilité ?

Si l’ordre revient aux pompes dans les jours à venir, le défi sera alors d’étendre cette rigueur aux autres régions du pays, où le marché parallèle demeure, pour beaucoup, la seule source d’énergie vitale.

 

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