C’est un cri de souveraineté qui a résonné ce mercredi 25 mars dans les rues poussiéreuses d’Arlit. Dans cette cité minière du Nord-Niger, des milliers de citoyens, encadrés par les autorités militaires, se sont rassemblés pour dénoncer ce qu’ils qualifient d’ingérence européenne. Au cœur de la discorde : la récente résolution du Parlement européen concernant le sort de l’ancien président Mohamed Bazoum.

Le décor était celui des grands jours de mobilisation. Sous un soleil de plomb, le préfet du département, le lieutenant-colonel Almoustapha Ousmane, et l’administrateur délégué de la commune, Mohamed Mamane Illo, ont pris la tête d’un cortège hétéroclite. En effet, les organisations de la société civile, les groupements de femmes et les mouvements de jeunesse ont convergé pour transformer ce rassemblement en un véritable plébiscite en faveur de la transition actuelle.

La riposte du désert contre l’Europe
L’étincelle de cette colère est venue de Strasbourg. En effet, en adoptant une résolution exigeant la libération de l’ancien chef d’État, les eurodéputés ont provoqué une levée de boucliers dans l’Aïr. Pour les manifestants d’Arlit, cette ingérence constitue la preuve d’un « deux poids, deux mesures » jugé insupportable. Les discours se sont succédé pour fustiger une lecture occidentale des réalités nigériennes, perçue comme déconnectée des aspirations populaires au changement.
De fait, cette mobilisation dépasse la simple protestation. Elle s’inscrit dans la stratégie de « Sauvegarde de la Patrie », dans laquelle chaque ville du pays est appelée à devenir un rempart contre les pressions extérieures. Ainsi, à Arlit, poumon économique du pays, le message est clair : la souveraineté ne se négocie pas.

Un soutien inconditionnel au CNSP
Au-delà de la critique envers l’Occident, la foule a tenu à réaffirmer son allégeance aux autorités de Niamey. Ainsi, les cris de soutien au Général d’Armée Abdourahamane Tiani et aux Forces de Défense et de Sécurité (FDS) ont ponctué les déclarations. Par ailleurs, les dirigeants communautaires ont promis de faire échec à toute tentative de déstabilisation, qu’elle soit politique ou diplomatique.
En outre, en saluant cette initiative, les autorités locales ont rappelé que la force du Niger résidait dans l’unité de son peuple. Dans ce contexte, Arlit vient de prouver que le sentiment nationaliste reste le moteur principal de la transition nigérienne.




