Niger : Concours pour 60 bourses d'imamat au Maroc - Journal du Niger

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Niger : Concours pour 60 bourses d’imamat au Maroc

Sous l'impulsion du Général de Division Mohamed Toumba, le Niger a lancé ce 16 février le concours de recrutement de…

Sous l’impulsion du Général de Division Mohamed Toumba, le Niger a lancé ce 16 février le concours de recrutement de 60 bourses pour l’Institut Mohammed VI de Rabat. Entre diplomatie religieuse et lutte contre l’extrémisme, Niamey mise sur la formation d’une élite d’oulémas certifiés.

 

Le Palais des examens de Niamey a vibré, ce lundi 16 février 2026, au rythme de la théologie et de la science coranique. En effet, sous la supervision du Secrétaire Général Adjoint du ministère de l’Intérieur, les autorités ont donné le coup d’envoi d’un test de sélection très attendu. Ils sont 113 candidats, dont quatre femmes, à briguer l’un des 60 précieux sésames offerts par le Royaume chérifien pour rejoindre le prestigieux Institut Mohammed VI de formation des imams, morchidines et morchidates de Rabat.

Ministère Nigérien de l'Intérieur
© Ministère Nigérien de l'Intérieur

Rabat, le nouveau pôle d’excellence pour le clergé nigérien

L’enjeu de ce concours dépasse largement le simple cadre académique. Pour le Ministre d’État, le Général Mohamed Toumba, il s’agit de structurer la pratique religieuse au Niger en s’appuyant sur le « modèle marocain », réputé pour son équilibre et son ancrage dans un islam de juste milieu.

Ainsi, pendant leur séjour à Rabat, les lauréats s’immergeront dans l’étude approfondie de l’imamat, de la psalmodie du Coran et des sciences islamiques transversales. Par ailleurs, l’objectif est limpide : former des guides capables de porter un discours de paix et de cohésion sociale à leur retour au pays.

Ministère Nigérien de l'Intérieur
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La diplomatie du savoir : un rempart contre l’obscurantisme

Cette initiative s’inscrit également dans une coopération sécuritaire et culturelle renforcée entre Niamey et Rabat. En déléguant la formation de ses oulémas à un institut de renommée mondiale, le Niger cherche à :

  • Standardiser le prêche : éviter les dérives radicales en dotant les prédicateurs d’un bagage intellectuel et théologique solide.
  • Renforcer l’autorité de l’État : en formant des cadres religieux officiellement reconnus et certifiés.
  • Féminiser le conseil religieux : bien que timide, la présence de candidates (4) souligne la volonté d’intégrer les femmes dans la guidance morale et l’éducation spirituelle (morchidates).

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Un retour aux sources pour servir la Nation

Le Secrétaire Général Adjoint du ministère de l’Intérieur a rappelé que ces boursiers sont les ambassadeurs du Niger. « Il s’agit de choisir les meilleurs pour qu’ils puissent valablement représenter le pays et revenir servir la communauté », a-t-il précisé.

À l’heure où le Sahel fait face à des défis sécuritaires complexes, le contrôle de la formation religieuse apparaît comme un levier stratégique de stabilité. Finalement, les 60 élus de cette promotion 2026 seront les futurs architectes de la paix sociale, chargés de prêcher dans les mosquées et d’orienter les fidèles vers une pratique religieuse en phase avec les aspirations de développement du Niger.

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