Dans une volonté assurée de reprendre en main la gestion de ses richesses naturelles, les autorités nigériennes engagent un audit sans précédent du pipeline d’exportation Niger-Bénin. Entre quête de souveraineté et exigence de redevabilité, Niamey veut désormais que chaque baril de brut raconte une histoire limpide aux citoyens.
Changement de cap pour l’or noir nigérien. Alors que l’exploitation pétrolière, amorcée dans les années 70, a pris une dimension stratégique avec la mise en service du gigantesque oléoduc dépendant des champs d’Agadem au terminal de Sèmè au Bénin, l’État du Niger a décidé de passer à la vitesse supérieure en matière de contrôle.
Dans l’édition du quotidien national Le Sahel de ce jeudi 26 février, le ministère du Pétrole a lancé un avis à manifestation d’intérêt pour le recrutement d’un cabinet indépendant de renommée internationale.
Une expertise multidisciplinaire pour un projet colossal
L’objectif de cette mission est clair : réaliser un audit complet — technique, économique, juridique et environnemental — de l’infrastructure de transport Niger-Bénin. Par cette initiative, le gouvernement nigérien souhaite disposer d’une évaluation exhaustive et documentée d’un projet dont la complexité et l’importance stratégique ne sont plus à démontrer.
Ainsi, les cabinets intéressés ont jusqu’au 25 mars 2026 pour soumettre leurs dossiers. Il est à noter que, dans un souci de promotion de l’expertise locale, les firmes étrangères sont invitées à se constituer en groupements avec des entreprises nigériennes.
La transparence comme boussole
Cette démarche n’est pas isolée. Elle s’inscrit dans une feuille de route ambitieuse portée par le ministre du Pétrole. Pour ce dernier, la gestion des ressources ne peut plus se faire dans l’ombre : elle exige aussi un haut niveau de responsabilité vis-à-vis des institutions et des populations.
De fait, le ministère prévoit plusieurs axes de réforme :
- Une communication régulière sur les chiffres clés de la production et des recettes pétrolières.
- Le renforcement du reporting pour assurer une traçabilité sans faille des flux financiers.
- Un accès facilité pour le grand public aux informations sectorielles, afin de briser le secret qui entoure souvent ce domaine.
Horizon 2030 : vers un système intégré
À terme, d’ici trois à cinq ans, l’ambition est d’instaurer un système de gestion numérique et intégré. Ce dispositif devrait également permettre de suivre en temps réel les mouvements financiers et de consolider la confiance entre l’État et les citoyens.
En définitif, avec cet audit du pipeline Niger-Bénin financé par la société WAPCO NIGER, Niamey pose un acte fort. Il ne s’agit plus seulement de produire du pétrole, mais de garantir que cette ressource sert réellement de levier de développement national, sous l’œil vigilant d’un contrôle rigoureux.




