Le ministre du Pétrole, Hamadou Tinni, a dévoilé ce mardi 17 février sa feuille de route stratégique. Entre transparence accrue et nationalisation des compétences, Niamey entend transformer l’or noir en un levier de développement structurel pour les années à venir.
Au Niger, l’industrie extractive ne doit plus seulement alimenter les caisses de l’État, elle doit devenir le moteur d’une transformation profonde de l’économie nationale. C’est, en substance, le message porté par Hamadou Tinni, ministre du Pétrole, lors de la présentation de sa feuille de route à ses collaborateurs, ce mardi.
S’inscrivant dans la lignée de la « Charte de la Refondation », ce nouveau cap opérationnel place la souveraineté et la bonne gouvernance au sommet des priorités ministérielles. Pour le gouvernement, l’enjeu est de taille : passer d’une économie de rente à une gestion rigoureuse et durable des ressources pétrolières.

Un contrat de performance pour le secteur
Loin des déclarations d’intention, le ministre a insisté sur une approche pragmatique, fondée sur la « gestion axée sur les résultats ». Ainsi, la nouvelle stratégie s’accompagne d’indicateurs de performance précis et d’outils de suivi rigoureux. Par ailleurs, l’objectif affiché est de consolider les équilibres budgétaires du pays tout en optimisant l’ensemble de la chaîne de valeur, de l’extraction à la distribution.
Cette ambition se décline en six piliers stratégiques, allant de la maîtrise technique à la transparence absolue. Le ministre souhaite notamment renforcer le cadre institutionnel pour limiter les risques financiers et environnementaux, souvent pointés du doigt dans les pays producteurs.

Le pari du « contenu local »
L’un des points saillants de cette feuille de route réside dans la promotion du « contenu local ». Niamey veut accélérer la mobilisation des compétences nigériennes tout en maintenant une ouverture contrôlée à l’expertise internationale. Cette stratégie vise à ce que les retombées du pétrole ne s’arrêtent pas aux portes des sites de forage, mais profitent directement aux entreprises et à la main-d’œuvre locale.
Enfin, Hamadou Tinni a placé la « redevabilité publique » au cœur de son action. Dans un secteur traditionnellement opaque, le Niger fait le pari de la transparence pour garantir que la richesse pétrolière serve effectivement à la transformation structurelle du pays.




