Niger : à Tchirozerine, le ministre de l’Agriculture évalue la campagne agro-pastorale face à la sécheresse - Journal du Niger



Niger : à Tchirozerine, le ministre de l’Agriculture évalue la campagne agro-pastorale face à la sécheresse

Le ministre nigérien de l’Agriculture et de l’Élevage, le colonel Billaly Elhadj Gambobo, a poursuivi hier jeudi 8 octobre 2026…

Le ministre nigérien de l’Agriculture et de l’Élevage, le colonel Billaly Elhadj Gambobo, a poursuivi hier jeudi 8 octobre 2026 son déplacement dans le département de Tchirozerine. Accompagné d’une délégation ministérielle, il a inspecté plusieurs sites agricoles et pastoraux afin d’évaluer l’avancement de la campagne agro-pastorale et d’identifier les mesures nécessaires face aux effets persistants de la sécheresse.

Ministère de l'Agriculture et de l'Élevage
© Ministère de l'Agriculture et de l'Élevage
Sécheresse et stress hydrique : un département sous pression climatique

Les échanges tenus durant la mission ont révélé une situation préoccupante dans l’ensemble du département. Les précipitations demeurent irrégulières, tant dans leur répartition géographique que dans leur calendrier, tandis que la nappe phréatique peine à se reconstituer.

Cette conjoncture fragilise les activités agricoles et réduit les ressources fourragères disponibles pour le bétail. Les autorités souhaitent donc orienter les producteurs vers des pratiques mieux adaptées aux contraintes climatiques et renforcer l’accompagnement technique des exploitations.

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Valorisation des potentialités agricoles et promotion des cultures résilientes

À Intarat, le directeur départemental de l’Agriculture a présenté l’importance du potentiel productif local. Le département de Tchirozerine dispose de 222 sites agricoles et de plus de 19 700 jardins potagers, autant d’espaces susceptibles de contribuer à la sécurité alimentaire si les contraintes hydriques sont mieux maîtrisées.

Face à la faiblesse des pluies et à l’insuffisante recharge des nappes, le ministre a appelé les exploitants à privilégier des cultures résilientes, capables de supporter les périodes de sécheresse. Il a également évoqué les dispositifs d’appui de l’État, tout en soulignant la nécessité d’une contribution des producteurs à la mise en œuvre des projets.

Tindawé : réhabiliter les jardins potagers inactifs grâce aux forages

La délégation s’est ensuite rendue à Tindawé, où elle a constaté un écart considérable entre les capacités disponibles et leur exploitation effective. Le site couvre 283 hectares et abrite 152 jardins potagers, mais seuls 43 d’entre eux fonctionnent actuellement.

Le colonel Gambobo a demandé aux services techniques d’engager une étude sur les forages agricoles de la zone. L’objectif consiste à déterminer comment exploiter davantage les potentialités hydriques et agricoles du site, afin d’accroître le nombre de jardins actifs et d’améliorer les revenus des producteurs.

Ministère de l'Agriculture et de l'Élevage
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Tindawène : un marché à bétail moderne exécuté à 95 %

À Tindawène, la mission a également inspecté un marché à bétail financé dans le cadre du programme PRAPS 2. Le projet occupe une superficie de 15 000 mètres carrés et intègre un parc de vaccination, deux hangars, un bloc administratif, un forage, un puits perdu et une fontaine.

Les travaux ont atteint un taux d’exécution de 95 %. Une fois opérationnel, cet équipement devrait faciliter les échanges commerciaux, renforcer les services vétérinaires et améliorer les conditions de commercialisation du bétail dans la région.

 Cap sur l’énergie solaire et distribution d’intrants agricoles

À Beinabou, les difficultés rencontrées par les producteurs rejoignent celles observées sur les précédents sites. Le ministre a recommandé l’installation de panneaux solaires afin d’assurer un accès plus fiable à l’énergie nécessaire aux activités agricoles.

La même orientation a été formulée à Atri, où l’utilisation de l’énergie solaire doit accompagner le développement de cultures adaptées aux conditions climatiques locales. Cette approche vise à réduire la dépendance aux sources d’énergie coûteuses ou difficiles d’accès, tout en soutenant la production maraîchère.

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Des intrants déjà mobilisés

Le département de Tchirozerine a déjà reçu un appui substantiel en intrants et en vivres. Les autorités y ont acheminé 570 tonnes d’engrais, 600 litres de produits phytosanitaires et 420 tonnes de denrées alimentaires.

Ces dispositifs s’inscrivent dans la réponse de l’État aux effets du déficit pluviométrique. En plus, ils doivent permettre aux producteurs de maintenir leurs activités, de protéger leurs cultures et de faire face aux périodes de soudure, dans un contexte où l’eau demeure le principal facteur limitant la production agropastorale.

L’eau et le solaire, piliers de l’avenir agropastoral de Tchirozerine

Si la mobilisation des intrants et l’achèvement du marché à bétail de Tindawène constituent des avancées concrètes pour les éleveurs et agriculteurs, l’accès durable à l’eau reste le véritable nerf de la guerre à Tchirozerine. D’ailleurs, le virage vers l’énergie solaire et la valorisation des forages profonds représentent la seule voie pérenne pour sécuriser les 222 sites agricoles du département. En concrétisant ces aménagements, les autorités donneront aux populations locales les moyens de surmonter les aléas pluviométriques et de stabiliser l’économie rurale.

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