Niamey : Le Général Tiani prône la souveraineté alimentaire - Journal du Niger



Niamey : Le Général Tiani prône la souveraineté alimentaire

Au lendemain d'une nuit agitée dans la capitale, le président de la République a, ce 29 janvier, une sortie remarquée dans…

Au lendemain d’une nuit agitée dans la capitale, le président de la République a, ce 29 janvier, une sortie remarquée dans les rues de la capitale. Entre étals de maraîchers et sacs de riz subventionnés, le général d’armée peaufine sa stratégie de résilience face aux pressions extérieures.

 

Le message est clair : le Niger entend manger ce qu’il produit et produire ce qu’il mange. En effet, ce jeudi, alors que Niamey se réveillait sous une surveillance renforcée après les incidents nocturnes à l’aéroport, le général d’armée Abdourahamane Tiani a choisi de jouer la carte de la proximité et de la normalité.

Accompagné des ténors du Conseil national pour la sauvegarde de la patrie (CNSP) et de membres du gouvernement, le chef de l’État a arpenté les allées du Petit Marché de Niamey, transformées pour l’occasion en vitrine de la 15ᵉ édition de la Foire agricole des maraîchers d’Agadez.

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La filière maraîchère d’Agadez à l’honneur

À chaque stand, le rituel s’est répété avec la même intensité : poignées de mains fermes, regards appuyés et mots d’encouragement adressés aux producteurs venus du Nord. Par ailleurs, pour le chef de l’État, cette foire organisée en prélude au mois de Ramadan représente bien plus qu’un simple marché : elle incarne un rendez-vous stratégique pour l’approvisionnement des ménages.

En mettant en avant les produits d’Agadez, Tiani a voulu rappeler l’unité du territoire et démontrer la capacité du pays à s’auto-approvisionner, malgré les sanctions internationales et les défis sécuritaires. Chaque échange avec les agriculteurs a pris la forme d’un dialogue sincère, le président les qualifiant de véritables « soldats » d’un nouveau front : celui de la souveraineté alimentaire.

 

« La souveraineté alimentaire n’est plus un slogan, c’est une réalité de terrain », semble vouloir dire le chef de la transition, qui a insisté sur la contribution des paysans à la « dignité retrouvée » du Niger.

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Le riz local accessible : un levier de souveraineté pour le CNSP.

Le point d’orgue de cette visite s’est déroulé au Palais du 29-Juillet. Ici, l’enjeu est plus sensible : le riz. Aliment de base par excellence, son prix est le baromètre de la paix sociale. Sous les verrières du palais, le général Tiani a constaté la mise en vente subventionnée du riz local, dont les prix oscillent désormais entre 1 500 et 10 500 FCFA.

Cette baisse des prix, rendue possible par l’action conjointe de l’Office national des aménagements hydro-agricoles (ONAHA) et le financement du Fonds de solidarité pour la sauvegarde de la patrie (FSSP), est l’un des piliers de la « Refondation » promise par le CNSP. En finançant directement la production nationale, le régime tente ainsi de briser la dépendance aux importations et d’offrir une réponse concrète au coût de la vie.

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Une unité à l’épreuve

Au-delà de l’aspect économique, cette sortie médiatisée vise à cimenter l’union entre l’armée et le peuple. Ainsi, en se montrant au contact des populations civiles, Abdourahamane Tiani réaffirme que la « bataille de la souveraineté » se joue aussi bien dans les rizières que sur le front sécuritaire. Pour Niamey, le succès de cette foire est une victoire : la preuve que la résilience nigérienne peut aussi transformer une économie de crise en un modèle de survie.

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Entre résilience et inquiétude

Malgré les violences nocturnes qui ont secoué la capitale, le chef de l’État, le général d’armée Abdourahamane Tiani, a maintenu ses activités officielles dès le lendemain matin. En se rendant à la foire agricole de Niamey, il a clairement confirmé le  « retour à la normale » et rassuré une population encore marquée par les détonations de la nuit. Cette présence au cœur du marché traduit une volonté politique : montrer que la bataille pour la souveraineté alimentaire se poursuit, même dans un contexte de tension sécuritaire.

Pour les autorités , l’enjeu dépasse la symbolique. Il s’agit désormais de sécuriser la principale porte d’entrée internationale du pays afin d’éviter un isolement aérien qui pèserait lourd sur l’économie nationale.

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