Le Comité exécutif de l’Union des Étudiants Nigériens à l’Université de Zinder (UENUZ) vient de brandir la menace d’une paralysie du campus. En exigeant le règlement de leurs arriérés d’allocations sous quatre jours, les étudiants de la deuxième ville du pays pointent du doigt une gestion à deux vitesses de l’enseignement supérieur.
La trêve sociale est-elle en train de vaciller sur les rives de l’Université André Salifou (UAS) ? Ce lundi 16 février 2026, l’ambiance est montée d’un cran à Zinder. En effet, le syndicat étudiant local, l’UENUZ, a officiellement lancé un compte à rebours de 96 heures à l’endroit de l’Agence nationale des bourses (ANAB). Si d’ici le jeudi 19 février à minuit, les virements ne sont pas effectifs, le campus pourrait basculer dans une phase d’actions directes.
Le spectre de la « discrimination »
Au cœur du litige : le versement des bourses et aides sociales au titre de l’année académique 2023-2024. Pour les responsables syndicaux, la coupe est pleine. Alors que leurs camarades de Niamey et des autres centres universitaires du pays auraient déjà perçu leur précieux pécule, les étudiants de Zinder se disent « oubliés » par l’administration centrale.
Par ailleurs, cette situation, qualifiée de « traitement discriminatoire », alimente un sentiment d’amertume dans une région où le coût de la vie et les difficultés de logement pèsent lourdement sur le quotidien des apprenants. Pour beaucoup, la bourse n’est pas un luxe, mais un filet de sécurité vital pour poursuivre leur cursus.
Un test pour le dialogue social
D’ailleurs, en fixant ce délai de 96 heures, le bureau exécutif de l’UENUZ place le ministère de l’Enseignement supérieur face à ses responsabilités. L’appel à l’unité et à la solidarité lancé par le syndicat suggère que la mobilisation pourrait s’étendre au-delà de simples sit-in si le mutisme des autorités persiste.
« Nous ne réclamons que l’équité. Pourquoi Zinder devrait-elle attendre quand les autorités s’occupent déjà des autres ? », s’interroge un délégué syndical sous couvert d’anonymat.
Vers une paralysie du campus ?
Si les revendications estudiantines sont fréquentes au Niger, cette mobilisation intervient toutefois dans un contexte de refondation nationale, où la stabilité des institutions est scrutée de près. Dès lors, une question demeure : le gouvernement saura-t-il désamorcer la bombe sociale avant l’expiration de l’ultimatum ce jeudi ?
Pour l’heure, le comité exécutif de l’UENUZ affirme se réserver le droit d’utiliser “tous les moyens légaux” pour obtenir gain de cause. Cependant, cette formule, dans le jargon syndical nigérien, laisse présager des grèves de cours ou des manifestations de rue.




