Pétrole : Le Niger et l'Indonésie vers une coopération (Pertamina) - Journal du Niger



Pétrole : Le Niger et l’Indonésie vers une coopération (Pertamina)

À Niamey, l'Ambassadeur de la République d'Indonésie, Bambang Suharto, a tracé les contours d'une alliance stratégique avec le ministère du…

À Niamey, l’Ambassadeur de la République d’Indonésie, Bambang Suharto, a tracé les contours d’une alliance stratégique avec le ministère du Pétrole. Objectif : une collaboration en « joint-venture » pour doper l’exploration et atteindre l’ambitieux cap des 400 000 barils par jour à l’horizon 2030.

 

Le Niger, nouveau carrefour des ambitions pétrolières en Afrique de l’Ouest, continue de diversifier son portefeuille de partenaires. Après les géants chinois et les intérêts régionaux, c’est au tour de l’Asie du Sud-Est de manifester son appétit pour le brut nigérien. À l’occasion de la présentation de ses lettres de créance, l’Ambassadeur indonésien Bambang Suharto a multiplié les signaux d’intérêt lors d’une séance de travail cruciale avec les cadres du ministère du Pétrole.

Ministère du Pétrole
© Ministère du Pétrole

L’ombre du géant Pertamina

Au cœur de cette offensive diplomatique se trouve un acteur de poids : Pertamina. La société d’État indonésienne, qui opère déjà sur des marchés complexes comme l’Irak, l’Algérie ou le Nigeria, souhaite désormais s’implanter à Niamey. D’ailleurs, l’Indonésie ne vient pas en novice. L’ambassadeur a rappelé la puissance de frappe de son pays, citant également l’inauguration récente d’une méga-raffinerie d’une capacité de 330 000 barils par jour.

Pour Jakarta, l’offre est claire : une coopération sous forme de joint-venture axée sur deux piliers :

  1. Le transfert de technologie pour monter en compétence les cadres locaux.
  2. L’intensification de l’exploration pour libérer le potentiel encore enfoui du sous-sol nigérien.

 

Un potentiel sous-exploité : le chiffre qui interpelle

Face aux hôtes indonésiens, le Secrétaire général du ministère nigérien du Pétrole, Abdoul Karim Mohamed Ali, a dressé un état des lieux sans fard. Cependant, si le Niger est officiellement entré dans le club des exportateurs significatifs, le chemin reste long.

Le pays dispose de 45 blocs pétroliers, mais seulement neuf sont en exploration et un seul en production. Le chiffre clé avancé par le Secrétaire général est frappant : 70 % de la surface du Niger repose sur un bassin sédimentaire, mais seulement 6 % de cette zone ont été explorés à ce jour. Plus révélateur encore, la production actuelle de 110 000 barils par jour ne représente que 11 % du potentiel identifié sur cette infime portion explorée.

Ministère du Pétrole
© Ministère du Pétrole

Cap sur les 400 000 barils en 2030.

L’ambition de Niamey est désormais chiffrée. Grâce au pipeline export le plus long d’Afrique, le Niger exporte déjà 90 000 barils par jour sur le marché international, tout en sécurisant 20 000 barils pour sa consommation domestique via sa raffinerie locale.

Mais pour atteindre l’objectif de 400 000 barils/jour d’ici 2030, le Niger sait qu’il doit briser ses monopoles de fait et attirer de nouveaux capitaux. Ainsi, l’arrivée de l’Indonésie dans le jeu pétrolier nigérien pourrait bien être le catalyseur nécessaire pour transformer ce « potentiel dormant » en une réalité économique sonnante et trébuchante.

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