Lagos (Nigeria), 24 février 2026 – Dans un contexte où l’Afrique s’impose progressivement comme un laboratoire de la finance numérique, la plateforme d’échange Quidax annonce un partenariat stratégique avec la blockchain Lisk.
Derrière cette alliance technique se dessine une vaste ambition : faciliter l’accès aux stablecoins et aux devises locales, tout en soutenant l’essor d’une nouvelle génération d’entrepreneurs Web3 sur le continent.
Un pont entre régulation et innovation
L’accord revêt une portée symbolique. En effet, en 2024, Quidax est devenue la première plateforme d’échange de cryptomonnaies à obtenir une licence provisoire de la Securities and Exchange Commission du Nigéria. Ainsi, cette reconnaissance réglementaire lui confère une crédibilité particulière dans un secteur souvent critiqué pour son manque de supervision.
En s’associant à Lisk, qui a récemment migré vers une infrastructure Ethereum de couche 2 (Layer 2) pour améliorer la rapidité et réduire les coûts de transaction, Quidax relie ainsi un cadre réglementé africain à une technologie blockchain conçue pour évoluer à grande échelle.
Concrètement, les utilisateurs pourront échanger et transférer des actifs numériques tels que l’USDT, l’USDC, le token LSK ou encore l’Ether (ETH) sur le réseau Lisk.
Au-delà du trading : soutenir les bâtisseurs africains
Mais l’enjeu dépasse la simple spéculation. Le partenariat vise surtout les développeurs et les startups africaines qui construisent des solutions financières sur la blockchain.
Grâce à l’infrastructure de Quidax, les créateurs du réseau Lisk pourront accéder à des stablecoins et convertir plus facilement leurs actifs en monnaies locales, à des taux compétitifs. Une étape essentielle pour transformer des projets numériques en services concrets : néobanques, plateformes de paiement transfrontalier, places de marché régionales ou solutions fintech adaptées aux réalités africaines.
Pour Morris Ebieroma, responsable de l’infrastructure chez Quidax, cette collaboration permettra d’élargir l’accès aux produits numériques sur le continent. De son côté, Chidubem Emelumadu, chargé de l’écosystème africain chez Lisk, voit dans l’Afrique l’un des terrains les plus dynamiques pour l’innovation blockchain, où la demande en outils financiers fiables reste forte.
L’Afrique, nouveau front stratégique du Web3
Avec une population jeune, connectée et souvent sous-bancarisée, l’Afrique attire l’attention des acteurs mondiaux de la blockchain. Les stablecoins, adossés à des devises comme le dollar américain, séduisent particulièrement dans des économies marquées par la volatilité monétaire.
En combinant la liquidité locale de Quidax et la technologie évolutive de Lisk, les deux partenaires espèrent accélérer l’adoption de solutions Web 3 capables de répondre à des besoins bien réels : transferts d’argent plus rapides, paiements sécurisés, accès simplifié aux services financiers.
Quel impact pour le Niger ?
Au Niger, où l’écosystème fintech progresse lentement mais sûrement, ce type d’alliance pourrait ouvrir des perspectives aux jeunes développeurs et aux startups. La possibilité d’accéder à une infrastructure blockchain robuste, tout en bénéficiant d’une passerelle vers les monnaies locales, pourrait réduire certaines barrières techniques et financières.
Reste néanmoins un défi central : la sensibilisation du grand public et la mise en place de cadres réglementaires clairs pour éviter les dérives et renforcer la confiance.
À mesure que la finance numérique redessine les circuits traditionnels, des partenariats comme celui de Quidax et Lisk illustrent une tendance de fond : l’Afrique ne veut plus seulement être un marché, mais un acteur à part entière de l’innovation financière mondiale.




