Le campus de l’Université Djibo Hamani de Tahoua (UDHT) est devenu, ce mercredi 7 janvier 2026, l’épicentre de la réflexion intellectuelle nigérienne. En lançant la première édition des « Doctoriales », l’institution affirme ainsi son rôle de pilier dans la refondation nationale, déclarant la science au service direct de l’indépendance et de la souveraineté du pays.
Un événement historique pour une université en pleine maturité
En effet, sous les voûtes de l’auditorium du Campus II, le Pr Hamidou Talibi Moussa, Secrétaire Général du Ministère de l’Enseignement Supérieur, a donné le coup d’envoi de cette rencontre académique d’envergure. Autour d’un thème fort et actuel — « Le Niger face aux défis de la souveraineté : Contribution de la Recherche scientifique » — l’élite intellectuelle de demain s’est réunie pour deux jours de débats intenses.
Le Secrétaire Général a loué la « voyance » des autorités de l’UDHT. Pour lui, cette initiative prouve également que l’université de Tahoua a pleinement conscience de son devoir : être l’éclaireur des consciences et un acteur majeur du développement national.

La science : bouclier de la souveraineté
Dans le contexte actuel de la Confédération des États du Sahel (AES), la recherche ne peut plus rester confinée dans les tours d’ivoire. C’est le message porté par le Gouverneur de la région de Tahoua, le Colonel-Major Souleymane Amadou Moussa. Rappelant ainsi que le Niger assume, depuis le 26 juillet 2023, le choix d’une « souveraineté pleine et entière », il a aussi insisté sur la nécessité de mutualiser les intelligences entre le Niger, le Mali et le Burkina Faso.
Par ailleurs, l’objectif est de transformer les idées académiques en politiques publiques concrètes pour améliorer la vie des populations du Sahel. « Ces recherches doivent s’inscrire dans la vision de l’AES », a martelé le Gouverneur, soulignant que la science est l’outil indispensable pour transformer les ressources naturelles et humaines du pays.
42 doctorants pour bâtir le savoir de demain
Le Recteur de l’UDHT, le Pr Hamadou Daouda Youssoufou, a présenté ces doctoriales comme un moment de passage crucial pour les jeunes chercheurs. C’est ici qu’ils confrontent leurs approches, tissent également des liens avec le monde socio-économique et apprennent la rigueur nécessaire à la construction des savoirs.
En outre , le Pr Mohamed Bello Ibrahim, président du comité d’organisation, a détaillé l’architecture de cette jeune École doctorale pluridisciplinaire. Pour sa première promotion, elle compte déjà 42 doctorants répartis dans quatre collèges stratégiques :
- Sciences économiques et de gestion.
- Sciences juridiques et politiques.
- Sciences agronomiques et de l’ingénieur.
- Sciences de l’éducation et didactique
Éthique et rigueur : les mots d’ordre
Au-delà des calculs et des théories, les débats porteront également sur l’éthique et la responsabilité de l’enseignant-chercheur. Les autorités attendent aussi des doctorants des solutions « durables et réalisables » aux problèmes identifiés sur le territoire.
En clôturant la cérémonie, le Secrétaire Général a rappelé que l’université doit être le laboratoire où se forge la souveraineté. Durant ces 48 heures, les 42 futurs docteurs de Tahoua ne travaillent pas seulement sur leurs thèses ; ils dessinent également, avec rigueur et passion, les contours d’un Niger fier et autonome.




