Tchad : les salaires de février 2026 annulés après une erreur de calcul - Journal du Niger



Tchad : les salaires de février 2026 annulés après une erreur de calcul

À N’Djamena, l’annonce a pris de court des milliers de fonctionnaires. Le versement des salaires du mois de février 2026…

À N’Djamena, l’annonce a pris de court des milliers de fonctionnaires. Le versement des salaires du mois de février 2026 a été annulé à la suite d’une erreur de calcul détectée par les services financiers de l’État. Une décision inhabituelle, officialisée par la Trésorerie Paierie Générale, qui soulève des interrogations sur la fiabilité des mécanismes de gestion salariale au Tchad.

À cet effet, le Trésorier Payeur Général, Abakar Djeroua Sirinou, a signé un communiqué invitant les banques à suspendre immédiatement les virements en cours et à reverser les montants concernés sur le compte du Trésor public logé à la Banque des États de l’Afrique Centrale (BEAC).

 

Une erreur technique aux conséquences sociales

Les autorités locales, en coordination avec la direction nationale de la BEAC, ont constaté l’anomalie après des vérifications. Elles n’ont pas précisé la nature exacte de l’erreur : mauvais paramétrage informatique, problème de fichier ou décalage comptable.

Si l’incident se veut technique, ses répercussions sont bien réelles. Dans un contexte économique marqué par la hausse du coût de la vie et une dépendance forte au salaire mensuel, tout retard de paiement pèse directement sur les ménages. D’ailleurs, L’attente prolongée d’une régularisation peut fragiliser des familles déjà exposées à des charges fixes incompressibles : loyers, scolarité, alimentation.

Les agents publics surveillent désormais leurs comptes en attendant que les autorités communiquent un nouveau calendrier de paiement.

 

Une question de gouvernance budgétaire

Au-delà de l’incident ponctuel, cette suspension met en lumière les défis persistants de modernisation de la chaîne de dépense publique. Dans de nombreux pays de la zone CEMAC, la gestion des salaires de la fonction publique représente une part importante du budget de l’État. Ainsi, la fiabilité des systèmes de traitement informatique et la coordination entre Trésor, banques commerciales et banque centrale sont essentielles.

Un dysfonctionnement de cette nature interroge donc la robustesse des dispositifs de contrôle interne et la capacité d’anticipation des autorités financières.

 

La BEAC au cœur du dispositif

La Banque des États de l’Afrique Centrale, institution commune aux pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), joue un rôle central dans la gestion des flux financiers publics. En tant que dépositaire des comptes du Trésor, elle constitue un maillon clé dans la sécurisation des paiements de l’État.

Par ailleurs, La collaboration entre la Trésorerie tchadienne et la BEAC a permis de détecter l’erreur avant que les montants concernés ne soient définitivement consommés. Un point que les autorités pourraient mettre en avant pour rassurer l’opinion.

 

Un test de confiance

Au Tchad comme ailleurs, le versement régulier des salaires publics est un indicateur de stabilité administrative. Cependant, L’incident de février 2026 intervient dans un contexte où les États de la région cherchent à renforcer la transparence budgétaire et la digitalisation des procédures financières.

La priorité, pour les autorités tchadiennes, sera désormais double : corriger rapidement l’erreur et restaurer la confiance des agents publics. En ce sens, une communication claire sur l’origine du problème et les mesures prises pour éviter sa répétition pourrait contribuer à apaiser les inquiétudes.

En attendant, les fonctionnaires restent suspendus à une nouvelle échéance, dans l’espoir que la régularisation annoncée intervienne dans les meilleurs délais.

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