Viande hors de prix à Niamey : Abdoulaye Seydou convoque les acteurs de la filière - Journal du Niger



Viande hors de prix à Niamey : Abdoulaye Seydou convoque les acteurs de la filière

Niamey, 13 janvier 2026— Dans les foyers de Niamey et de l'intérieur du pays, un sujet brûlant anime toutes les…

Niamey, 13 janvier 2026— Dans les foyers de Niamey et de l’intérieur du pays, un sujet brûlant anime toutes les conversations : le prix de la viande, devenu un luxe inaccessible. Face à cette envolée spectaculaire qui voit le kilogramme passer du simple au double, le gouvernement a décidé de prendre le taureau par les cornes. Dans l’après-midi du lundi 12 janvier, le Ministre du Commerce et de l’Industrie, M. Abdoulaye Seydou, a convoqué une réunion d’urgence avec les principaux acteurs de la filière.

 

Le paradoxe d’un pays d’élevage

Autour de la table, l’ambiance était sérieux. en effet, le Ministre, entouré de ses cadres techniques, a fait face aux représentants syndicaux et au « Sarki Fawa », le chef de file des bouchers de la capitale. D’entrée de jeu, Abdoulaye Seydou a pointé du doigt un paradoxe insupportable : comment expliquer que dans le Niger, pays pastoral par excellence doté d’un cheptel immense, la protéine animale soit devenue un produit de luxe pour le citoyen moyen ?

« Le peuple est au cœur des préoccupations des autorités de la Refondation », a martelé le Ministre. Pour le gouvernement, la régulation des prix des produits de première nécessité n’est pas une option, mais une priorité absolue. Face à la souffrance des ménages qui voient leur pouvoir d’achat s’effriter sur les étals, le silence n’est plus de mise.

Ministère du Commerce et de l’Industrie
© Ministère du Commerce et de l’Industrie

Pourquoi les prix flambent-ils ?

Les professionnels du secteur ont rapidement exposé la complexité de la situation sur le terrain. D’abord, les bouchers et leurs représentants ont souligné que cette flambée n’est pas le fruit du hasard, mais bien la conséquence d’un effet domino. Ensuite, ils ont identifié trois facteurs principaux. Premièrement, la hausse du prix du bétail sur les marchés ruraux de l’intérieur alourdit les coûts. Deuxièmement, l’insécurité dans certaines zones de pâturage et sur les axes de transport renchérit la logistique. Enfin, l’abattage clandestin déséquilibre la filière structurée et échappe à tout contrôle des prix.

 

L’urgence d’un « prix raisonnable »

Au terme de cette rencontre jugée franche et constructive, le ministre Abdoulaye Seydou a affirmé avec force qu’il y a urgence à agir. L’objectif immédiat est de mettre de l’ordre dans le secteur pour protéger les consommateurs. Des jalons ont été posés pour une solution durable qui ne soit pas une simple mesure cosmétique.

Le gouvernement et les acteurs de la filière se sont engagés dans une concertation élargie pour ramener, dans les plus brefs délais, le prix du kilogramme de bœuf et de mouton à un niveau supportable pour les bourses nigériennes. Pour les ménages, l’espoir est désormais suspendu aux décisions concrètes qui découleront de ce dialogue de crise. La viande doit redevenir ce qu’elle a toujours été au Niger : un aliment de base, et non un souvenir lointain sur les étals.

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