Le groupe français TotalEnergies cède sa filiale à l’entreprise malienne NDC. Un tournant stratégique dans le secteur des hydrocarbures
Au Mali, le paysage énergétique connaît une évolution majeure. La filiale locale du groupe français TotalEnergies passe désormais sous le contrôle de NDC, entreprise dirigée par le jeune entrepreneur malien Mamadou Niangadou.
L’opération marque une étape importante dans la recomposition du secteur des hydrocarbures au Mali, où les acteurs nationaux prennent progressivement davantage de place dans la distribution pétrolière.

Un réseau stratégique de 80 stations-service
La filiale concernée exploite environ 80 stations-service à travers le territoire malien et représente plus de 1 000 emplois directs et indirects. Autrement dit, il s’agit d’un maillon essentiel de l’approvisionnement en carburant du pays.
Initialement, la cession devait bénéficier à un autre opérateur, Coly Energy. Toutefois, à l’issue du processus, c’est finalement NDC qui reprend l’ensemble des activités. Les modalités financières de la transaction n’ont pas été rendues publiques.
L’ascension d’un acteur local
Peu connue du grand public il y a quelques années, NDC s’est imposée comme un acteur majeur de la logistique pétrolière au Mali. L’entreprise dispose d’une flotte de plus de 200 camions-citernes, assurant le transport et la distribution de carburants sur l’ensemble du territoire, y compris dans des zones parfois difficiles d’accès.
En prenant le contrôle d’un réseau aussi structurant, NDC franchit un cap décisif. Cette acquisition ne se limite pas à un simple changement d’actionnaire : elle symbolise une montée en puissance des capitaux nationaux dans un secteur longtemps dominé par les multinationales.

Une tendance régionale
Cette opération s’inscrit dans un mouvement plus large observé en Afrique de l’Ouest. Au Burkina Faso, des investisseurs locaux ont récemment renforcé leur présence dans le secteur bancaire et énergétique.
Ainsi, au Mali, la reprise de la filiale de TotalEnergies par une entreprise nationale traduit une volonté croissante de souveraineté économique. Elle intervient dans un contexte où les États sahéliens cherchent à consolider leurs capacités internes, notamment dans les secteurs stratégiques.
Quels enjeux pour le Mali ?
Pour les autorités maliennes, l’enjeu est double. D’une part, assurer la continuité de l’approvisionnement en carburant dans un pays enclavé. D’autre part, préserver les emplois et maintenir la qualité des services dans les stations-service concernées.
Du côté des consommateurs, la question des prix et de la stabilité des stocks reste centrale. La transition devra donc être suivie de près afin d’éviter toute perturbation.
Une nouvelle étape dans la recomposition énergétique
En définitive, cette cession illustre l’évolution du paysage économique malien. La prise de contrôle par NDC pourrait renforcer l’ancrage local de la distribution pétrolière, tout en posant des défis en matière de gouvernance et de compétitivité.
Pour Bamako comme pour l’ensemble du Sahel, cette opération constitue un signal fort : les entreprises africaines ambitionnent désormais de jouer un rôle de premier plan dans des secteurs stratégiques autrefois dominés par les groupes internationaux.




