Hawan Kawo 2026, Maradi vibre au rythme de sa tauromachie ancestrale - Journal du Niger

Société




Hawan Kawo 2026, Maradi vibre au rythme de sa tauromachie ancestrale

La capitale économique a renoué avec ses traditions séculaires. Ce mardi 26 mai 2026, l'esplanade située à la devanture du…

La capitale économique a renoué avec ses traditions séculaires. Ce mardi 26 mai 2026, l’esplanade située à la devanture du Sultanat s’est transformée en une arène à ciel ouvert pour la célébration du « Hawan Kawo ». Sous les regards croisés des plus hautes autorités de la région, la ville a ravivé cette spectaculaire coutume centenaire, un prélude incontournable aux grandes fêtes musulmanes.

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Un parterre de dignitaires pour une tradition immuable

Ainsi, l’événement a mobilisé l’ensemble de la chaîne de commandement locale. Autour du maître des lieux, l’Honorable Ahmed Ali Zaki, Sultan du Katsina Maradi, a pris place le gouverneur de la région, le Contrôleur général de police Issoufou Mamane. De plus, l’autorité régionale était entourée pour l’occasion d’une imposante délégation comprenant les secrétaires généraux du gouvernorat, les administrateurs délégués de la ville, ainsi que les plus hauts responsables des Forces de défense et de sécurité (FDS).

Ensemble, aux côtés des dignitaires du palais et d’une population rassemblée en très grand nombre, ils ont assisté à ce rituel historique qui se répète fidèlement à chaque veille des fêtes de la Tabaski et du Ramadan.

 

L’éloge des griots et le sacre du Chef des bouchers

Avant l’entrée en lice des bêtes, le protocole a d’abord fait la part belle à la transmission orale. Les chefs griots du palais se sont avancés pour déclamer avec ferveur les mérites du Sultan, retraçant avec précision sa glorieuse généalogie devant l’assistance.

Cette fresque historique a ensuite ouvert la voie à un moment central de la cérémonie : la présentation au monarque de M. Idi Kalélé, le Chef des bouchers de la ville. Comme l’exige la tradition, ce dernier a vu son autorité réaffirmée par une intronisation qui se renouvelle à chaque édition. En signe de prestige, le Sultan du Katsina lui a offert des présents solennels : un cheval de parade, accompagné d’un grand boubou et d’un turban.

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Le défi de l’arène : le face-à-face avec le taureau

Par la suite, le clou du spectacle est resté la confrontation d’une audace folle qui donne son nom à l’événement. Désignés sur le tas, les bouchers traditionnels de la ville se sont jetés dans l’arène pour défier un taureau vigoureusement préparé pour la circonstance.

À travers des gestes et des rituels transmis méticuleusement de génération en génération depuis des centaines d’années, ces hommes ont affronté l’animal à mains nues et selon des codes stricts, offrant à la foule un condensé de courage et de maîtrise.

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Des prières pour la nation

L’effervescence de la tauromachie s’est finalement muée en un profond recueillement. Le rassemblement s’est refermé sur une note spirituelle, à travers des prières collectives élevées vers le Tout-Puissant. Face aux défis climatiques et sécuritaires du moment, les officiels et la population ont uni leurs voix pour implorer la clémence divine, demandant la descente d’une saison des pluies abondante, ainsi que la paix et une prospérité durable pour l’ensemble du pays.

Ainsi, au‑delà du faste des parades et de la ferveur des prières, le Hawan Kawo continue de s’imposer comme un miroir vivant des traditions séculaires de Maradi. Mais dans un contexte marqué par les défis sécuritaires et climatiques, cette célébration interroge aussi sur la place que ces héritages culturels peuvent occuper demain, entre préservation identitaire et adaptation aux réalités contemporaines…

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