États-Unis, 8 juin 2026 – L’équipe iranienne de football fait face à une contrainte administrative inédite dans l’histoire de la Coupe du monde. Pour le Mondial 2026, organisé conjointement par les États-Unis, le Mexique et le Canada, les joueurs iraniens ne pourront pas séjourner sur le territoire américain et devront y entrer uniquement le jour de leurs matchs, avant de repartir immédiatement après chaque rencontre.
Des restrictions de visa « drastiques »
L’ambassadeur d’Iran au Mexique, Abolfazl Pasandideh, a confirmé samedi ces conditions de visa particulièrement strictes imposées à son équipe nationale par les autorités américaines. Selon ses déclarations à la presse : « Nous pouvons entrer dans la matinée et nous devons repartir le jour même. »
Ces restrictions font suite à des semaines d’incertitude concernant l’obtention des visas. Jusqu’au 4 juin, les joueurs iraniens n’avaient encore reçu aucune autorisation d’entrée aux États-Unis, où ils doivent disputer leurs trois matches de groupe à partir du 15 juin. L’équipe a finalement obtenu ses visas le samedi 5 juin, mais assortis de limitations sévères.
Tijuana, camp de base frontalier
Pour contourner ces contraintes administratives, la sélection iranienne a installé son camp de base à Tijuana, ville frontalière située au nord du Mexique, à proximité immédiate des États-Unis. Cette décision, validée par la Fédération iranienne de football, devrait faciliter les allers-retours quotidiens vers le territoire américain.
Initialement, l’équipe devait s’installer à Tucson, en Arizona, durant le tournoi, prévu du 11 juin au 19 juillet, mais elle a dû y renoncer après ne pas avoir obtenu l’autorisation nécessaire de la FIFA.
Des membres du staff privés de visa
La situation se complique encore avec le refus des États-Unis de délivrer des visas à plusieurs membres du staff iranien, dont le président de la Fédération iranienne de football. Seuls les joueurs ont obtenu leurs visas, mais ceux-ci ne seront valables que les jours de match.
Cette décision américaine avait été anticipée dès avril, lorsque le chef de la diplomatie américaine avait averti que tous les membres de la sélection iranienne ne pourraient pas obtenir de visa.
La FIFA intervient
Gianni Infantino, président de la FIFA, avait assuré le 25 mai que « tous les joueurs recevraient un visa » et qu’« il n’y a aucune raison pour que les joueurs ne reçoivent pas de visa ». Toutefois, les restrictions imposées montrent que l’engagement de la Fédération internationale n’a pas permis de contourner les politiques migratoires américaines.
L’équipe iranienne, qui devait initialement s’installer en Arizona, a saisi la FIFA face à ces difficultés administratives.
Un défi logistique majeur
Cette situation exceptionnelle impose à la sélection iranienne un défi logistique considérable. Avec trois matches de poule à disputer aux États-Unis, les joueurs devront effectuer de fréquents déplacements transfrontaliers depuis le Mexique, dans un contexte de tensions persistantes entre Washington et le régime des mollahs.
La sécurité a été renforcée à Tijuana en prévision de l’arrivée de l’équipe, dans ce contexte de regain des tensions diplomatiques.
Un contexte géopolitique sensible
La participation de l’Iran au Mondial 2026 reste entourée d’interrogations depuis le début du conflit au Moyen-Orient. Ces restrictions de visa s’inscrivent dans une dynamique plus large de tensions entre les deux pays, qui affectent désormais jusqu’à la compétition sportive internationale.
L’équipe iranienne doit s’installer à Tijuana dans les prochaines heures avant son entrée en lice au Mondial 2026. Tous les regards se porteront sur cette sélection, qui devra composer avec des contraintes administratives inédites tout en poursuivant ses ambitions sportives dans un tournoi réunissant 48 équipes.




