Uranium : le Niger redémarre le moteur Azelik sous haute surveillance - Journal du Niger



Uranium : le Niger redémarre le moteur Azelik sous haute surveillance

L’heure est à la reprise, mais pas à n’importe quel prix. Ce lundi 30 mars 2026 à Niamey, le Commissaire-Colonel…

L’heure est à la reprise, mais pas à n’importe quel prix. Ce lundi 30 mars 2026 à Niamey, le Commissaire-Colonel Abarchi Ousmane, Ministre des Mines, a sifflé la fin de la mise en veille pour la Société des Mines d’Azelik (SOMINA SA). Lors d’une réunion de cadrage musclée, le gouvernement nigérien a tracé les lignes rouges d’un redémarrage qui se veut plus rigoureux, plus transparent et surtout plus respectueux des intérêts nationaux.

Le dossier SOMINA sort enfin des tiroirs de l’administration. Après une période d’incertitude, le Ministère des Mines prend le leadership d’une relance qu’il qualifie de « structurée ». Pour Niamey, il ne s’agit pas simplement de rouvrir une mine, mais de redéfinir les règles du jeu avec ses partenaires.

Ministère des Mines Niger
© Ministère des Mines Niger

Une mise à jour environnementale non négociable

Le Ministre Abarchi Ousmane a placé l’exigence technique au cœur des débats. Avant toute reprise de l’extraction, la SOMINA doit impérativement actualiser son étude de faisabilité. Plus crucial encore : le gouvernement exige une révision complète de l’Étude d’Impact Environnemental et Social.

Dans un contexte où les populations locales et la société civile surveillent de près la gestion des ressources naturelles, Niamey refuse désormais de brader son sous-sol au détriment de l’écosystème. Cette étape est un préalable indispensable pour garantir une exploitation minière durable et socialement acceptable.

 

Gouvernance : le pacte d’actionnaires sur la sellette

Au-delà de l’aspect technique, c’est le volet politique qui a dominé la rencontre. Le Ministère des Mines a mis sur la table la révision du pacte d’actionnaires. L’objectif est clair : rééquilibrer les forces et s’assurer que les dividendes de l’uranium profitent réellement au Trésor public nigérien.

Le Commissaire-Colonel a d’ailleurs appelé les responsables de la société à faire preuve de rigueur dans leur gestion. Les questions de gouvernance interne, autrefois opaques, sont désormais scrutées de près par les autorités de transition, qui souhaitent voir des résultats concrets et rapides.

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Un signal fort pour le secteur extractif

Cette réunion de cadrage donne le coup d’envoi d’un processus que le gouvernement entend conduire avec une fermeté militaire. Ainsi, le Niger impose ces conditions et envoie un message limpide à l’ensemble des investisseurs du secteur extractif : la porte reste ouverte, mais le pays reprend les commandes de sa destinée minière.

Le calendrier est désormais serré. Les parties prenantes ont l’obligation d’aboutir à des solutions opérationnelles dans les meilleurs délais. Pour l’économie nigérienne, la relance d’Azelik représente un levier de croissance essentiel dans un marché mondial de l’énergie en pleine mutation.

 

Pourquoi le dossier Azelik est-il si symbolique ?

La SOMINA, fruit d’un partenariat stratégique, a longtemps symbolisé les difficultés de l’exploitation de l’uranium dans le nord du pays. En exigeant une révision des accords et des études d’impact, le Ministre des Mines ne fait pas que relancer une production ; il teste la capacité du Niger à imposer sa propre vision du développement industriel. C’est un test de souveraineté grandeur nature qui se joue actuellement à Niamey.

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