Niamey, bastion d’une nouvelle muraille sanitaire. Pour célébrer la Journée mondiale de la santé 2026, le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique a privilégié une immersion technique. Accompagné de son collègue de l’Environnement, de l’Hydraulique et de l’Assainissement, il a passé au crible les piliers du dispositif « One Health » : le LANSPEX, le LABOCEL et le CERMES. Plus qu’une simple visite de courtoisie, ce déplacement marque la volonté du Niger de briser les silos entre santé humaine, animale et environnementale.

Trois laboratoires, un seul bouclier
Le concept « Une seule santé » n’est plus une simple théorie dans les couloirs ministériels à Niamey : c’est désormais une réalité de terrain. En se rendant successivement au Laboratoire national de santé publique et d’expertise (LANSPEX), au Laboratoire central de l’élevage (LABOCEL) et au Centre de recherche médicale et sanitaire (CERMES), les autorités affichent une ambition claire : la détection précoce.
En effet, ces institutions forment la première ligne de défense du pays. Elles permettent de surveiller les menaces partout où elles émergent, qu’elles proviennent de la faune, des cheptels ou des écosystèmes dégradés. Sur place, les membres du gouvernement ont également salué l’abnégation des techniciens qui assurent une veille constante, souvent dans l’ombre.

Un plateau technique solide, des défis humains persistants
Le constat du ministre est sans équivoque : le Niger dispose d’outils performants. En effet, le plateau technique actuel permet de répondre aux normes internationales, une avancée majeure pour la souveraineté sanitaire nationale. Toutefois, l’excellence technologique ne suffit pas.
Le chef du département de la Santé a pointé du doigt deux zones de vulnérabilité :
- Le déficit en effectifs : la disponibilité des ressources humaines qualifiées reste un défi majeur pour faire fonctionner ces équipements de pointe à plein régime ;
- L’interconnexion : par ailleurs, si chaque laboratoire excelle dans son domaine, la fluidité de la communication entre ces différentes institutions nécessite encore des ajustements pour garantir une réactivité optimale face aux crises.

Une vision globale pour une protection locale
Portée à l’échelle mondiale par l’OMS, l’OMSA, la FAO et le PNUE, l’approche « One Health » s’impose comme une réponse aux pandémies modernes. Le Niger, de par sa position géographique et son lien étroit avec l’élevage, se trouve en première ligne de cette interdépendance. En unifiant les efforts des ministères de la Santé et de l’Environnement, le gouvernement nigérien tente ainsi de construire un écosystème où la santé des plantes protège l’animal, qui, à son tour, préserve l’homme.
Niamey, sentinelle régionale
Dans un monde où les pandémies ignorent les frontières, Niamey veut s’imposer comme une sentinelle régionale. En renforçant ses laboratoires de référence, le Niger ne se contente pas de protéger ses citoyens : il contribue ainsi à la sécurité sanitaire de toute la sous-région sahélienne.
L’engagement est là, et les infrastructures répondent présentes. Cependant, pendant que le Niger renforce ses capacités de diagnostic, une question demeure : l’État parviendra-t-il à mobiliser les financements nécessaires pour transformer cette expertise technique en une couverture sanitaire universelle et durable pour toutes les populations rurales ? Outils performants, défis persistants. Trois piliers, une seule santé.




