Les faits se déroulent le samedi 11 avril sur la route de Jilli, un marché informel situé dans la commune de Guibio, dans l’État de Borno, à la frontière avec Yobe. Une opération de l’armée de l’air nigériane (NAF) a causé la mort de nombreuses personnes.
Si le lieu du drame ne fait plus débat, le bilan humain quant à lui demeure incertain, pris dans un enchevêtrement de versions contradictoires. Selon des sources non officielles, entre 100 et 200 victimes auraient péri dans cette frappe.

Deux versions pour un même événement
D’un côté, des sources locales et certaines organisations non gouvernementales (ONG) évoquent un bilan lourd, oscillant entre 100 et 200 victimes. Ces témoins parlent ouvertement d’une bavure militaire ayant touché des civils présents sur le marché.
D’un autre côté, les autorités militaires et le gouvernement défendent une position radicalement différente. En effet, selon les communiqués officiels, la frappe visait exclusivement une base logistique stratégique appartenant aux groupes terroristes ISWAP et Boko Haram. Pour l’armée, cette opération s’inscrit dans la nécessaire neutralisation des foyers d’insécurité dans la région.

Un contexte sécuritaire sous haute tension
Par ailleurs, cet incident souligne la complexité des opérations aériennes dans les zones de conflit du nord-est du Nigeria. Certes, la lutte contre l’insécurité est une priorité nationale, mais la récurrence des rapports faisant état de dommages collatéraux soulève des questions sur la protection des populations civiles lors des raids.

En attente d’une enquête officielle
Alors que la polémique enfle, la nécessité d’une enquête indépendante devient pressante pour faire la lumière sur les événements de Jilli. Finalement, seul un audit précis permettra de déterminer si cette opération était une victoire tactique contre le terrorisme ou un drame humanitaire évitable.
À ce stade, une seule certitude s’impose : entre impératif sécuritaire et protection des civils, la ligne reste dangereusement fragile. À Jilli, la vérité ne pourra être établie qu’au prix d’une transparence totale — faute de quoi, le doute continuera d’alimenter la défiance.




