NIAMEY, 16 septembre 2026 — Un projet d’investissement étranger qui devait s’intéresser à la mécanique et au secteur minier au Niger pourrait-il connaître une nouvelle issue ? C’est la question soulevée par Mahamat Ibrahim Souleymane, qui interpelle le président de la République à la suite du récent remaniement gouvernemental.
Dans une lettre ouverte, le jeune Nigérien revient sur les démarches qu’il affirme avoir entreprises pour faciliter l’arrivée au Niger d’un entrepreneur cambodgien disposant, selon lui, de capacités financières substantielles. Il demande surtout de réexaminer le dossier sur la base des documents et des procédures administratives, plutôt qu’à partir de considérations personnelles.
Deux secteurs ciblés et des démarches engagées
Selon le récit de l’auteur, le projet a pris forme après une rencontre au Cambodge. L’entrepreneur cambodgien aurait ensuite accepté de se rendre au Niger afin d’évaluer les possibilités d’investissement.
Avec l’appui de Mahamat Ibrahim Souleymane, l’investisseur aurait rencontré plusieurs responsables et échangé avec différents services de l’administration nigérienne. Deux secteurs auraient particulièrement retenu son attention : la mécanique et l’exploitation minière.
Des démarches auraient alors été engagées auprès de l’Agence nigérienne de promotion des investissements et des projets (ANPIPS), du ministère chargé du Commerce et d’autres administrations concernées.
Dans le domaine minier, le dossier aurait franchi plusieurs étapes. L’auteur affirme notamment qu’il a créé deux sociétés et engagé des procédures pour obtenir quatre permis de recherche.
Un projet confronté à des difficultés
La suite du processus aurait toutefois été marquée par des difficultés qui ont empêché le projet de progresser comme prévu.
Dans sa lettre, Mahamat Ibrahim Souleymane affirme que certains responsables ont reçu des réserves et des informations négatives au sujet de l’investisseur, du projet et de sa propre implication. Il prend toutefois soin de ne pas présenter ces éléments comme des faits établis. Il demande plutôt aux autorités de les vérifier et de déterminer précisément ce qui a pu contribuer au blocage du dossier.
L’auteur évoque également des interrogations qui auraient porté sur la crédibilité de l’investisseur ainsi que sur certaines de ses relations personnelles et professionnelles. Il affirme, en outre, que ses relations passées avec la famille de l’ancien président Mohamed Bazoum auraient contribué à alimenter des doutes autour de sa personne et, indirectement, autour du projet.
Une demande d’examen fondée sur les documents
Plutôt que de réclamer une décision favorable, Mahamat Ibrahim Souleymane demande au chef de l’État de permettre, s’il le juge nécessaire, un nouvel examen du dossier par les structures compétentes. Il précise que les documents administratifs disponibles permettent de vérifier les capacités financières de l’investisseur, la réalité des sociétés créées et les démarches déjà effectuées.
« Si l’investisseur n’était pas crédible, les autorités compétentes pourront naturellement le constater », explique en substance l’auteur, qui ajoute que l’inverse pourrait également être établi par une vérification indépendante.
Il affirme être prêt à remettre aux autorités les échanges, documents et informations dont il dispose afin de retracer les différentes étapes du projet.
L’emploi des jeunes au cœur de la démarche
Au-delà de son différend avec l’ancien responsable gouvernemental qu’il ne nomme pas directement dans sa lettre, l’auteur place la question de l’investissement et de l’emploi au centre de son interpellation.
Il soutient que son initiative visait avant tout à attirer des capitaux étrangers et à favoriser la création d’opportunités pour la jeunesse nigérienne. Selon lui, un éventuel projet capable de mobiliser plusieurs milliards de francs CFA et de générer des emplois mérite au moins d’être évalué sur ses fondements économiques.
Cette démarche intervient alors que les investissements privés et la création d’emplois restent des enjeux cruciaux pour l’économie nigérienne.
Une éventuelle reprise des discussions
Mahamat Ibrahim Souleymane affirme que l’investisseur concerné conserverait un intérêt pour le Niger. Il propose donc, si les autorités le jugent pertinent, de reprendre contact avec lui afin de vérifier à nouveau ses capacités, ses intentions et la faisabilité de son projet. La demande formulée au président ne porte ainsi pas, selon l’auteur, sur l’octroi d’un privilège ou d’une faveur. Elle vise plutôt à obtenir un examen administratif du dossier permettant d’établir les faits.
À travers cette lettre ouverte, le jeune Nigérien souhaite également tirer des enseignements de cette expérience. Il estime que les autorités devraient principalement examiner la viabilité, la conformité aux règles et le potentiel économique des initiatives de citoyens cherchant à attirer des investisseurs étrangers.
Le dossier reste désormais lié aux vérifications que pourraient effectuer les autorités compétentes et aux éléments documentaires que l’auteur dit être en mesure de fournir.




