Niamey, 25 septembre 2026 — Neuf formations universitaires viennent d’obtenir le label de qualité de l’État nigérien. Sur 42 offres évaluées en 2025 par l’Agence nationale d’assurance qualité de l’enseignement supérieur (ANAQ-SUP), seuls trois masters et six licences ont décroché une accréditation, ont annoncé les autorités lors de la deuxième Journée de communication sur l’enseignement supérieur, tenue le 24 septembre 2026 à Niamey.
En effet, l’ANAQ-SUP du Niger combine exigence normative et accompagnement : les établissements et programmes sont jugés sur des critères objectifs, mesurables et alignés sur les bonnes pratiques internationales, avec des seuils clairs (80 % / 65 %) qui déterminent la durée et le statut de la reconnaissance.
Ainsi, le bilan 2025 dessine un paysage contrasté. Sur 12 masters présentés à l’évaluation, trois ont été accrédités. Pour les licences, le taux de réussite atteint 20 % : six programmes retenus sur 30 soumis. Toutefois, les formations non accréditées ne disparaissent pas pour autant : elles entreront dans un dispositif de suivi fondé sur un plan de remédiation, avec l’obligation de corriger les écarts constatés avant une nouvelle expertise.
Pour le professeur Amadou Boureima, directeur général de l’ANAQ-SUP, ces chiffres traduisent à la fois la rigueur du processus et la marge de progression du système. « L’accréditation n’est pas une fin en soi, mais un levier d’amélioration continue », a-t-il souligné devant les recteurs, responsables d’établissements et représentants des écoles privées.
À cet effet, l’agence, placée sous la tutelle technique du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation technologique, évalue établissements et programmes selon des référentiels nationaux alignés sur les lignes directrices africaines. Le processus comprend trois étapes : l’auto-évaluation de l’offre, l’expertise externe par des pairs indépendants, puis la décision finale du Conseil scientifique de l’ANAQ-SUP.
En pratique, les critères portent sur la cohérence pédagogique, l’adéquation avec les besoins socio-économiques, la qualification des enseignants, les infrastructures, ainsi que les dispositifs d’assurance qualité interne. Une accréditation pleine dure cinq ans pour les programmes ayant obtenu 80 % ou plus ; ceux situés entre 65 % et 79 % reçoivent une accréditation de trois ans, assortie de recommandations contraignantes.
Dans son discours, le ministre de l’Enseignement supérieur, le professeur Mamadou Saidou, a insisté sur la nécessité d’adapter les cursus aux mutations du marché du travail. « Il s’agit d’améliorer la qualité des offres de formation, de développer des programmes qui répondent aux défis socio-économiques du Niger », a-t-il déclaré, rappelant que cette dynamique s’inscrit dans la lettre de mission que lui a confiée le chef de l’État, le général d’armée Abdourahamane Tiani.
Parallèlement, l’ANAQ-SUP a déjà engagé plusieurs chantiers structurels : l’harmonisation des domaines de formation en sciences agronomiques et en sciences économiques et de gestion, la stabilisation des calendriers académiques, la mise en conformité des textes réglementaires et la systématisation des évaluations institutionnelles.
En outre, cette journée a servi à remettre les attestations d’accréditation et d’habilitation aux établissements ayant réussi leurs évaluations en 2025. Treize institutions, réparties dans six régions du pays, ont reçu leurs certificats, témoignant d’une couverture géographique élargie du dispositif.
De leur côté, par la voix de leur porte-parole, le professeur Yamba Boubacar, les récipiendaires ont salué la transparence du processus et la disponibilité des équipes de l’ANAQ-SUP. « Cette reconnaissance valorise nos efforts et renforce la crédibilité de nos diplômes », a-t-il noté.
En marge des travaux, le recteur de l’Université de Diffa a remis au ministre le Trophée 2026 de la Paix, décerné à son institution lors d’une cérémonie à Abuja (Nigeria). Ce prix distingue l’engagement de l’université en faveur du dialogue, de la cohésion sociale et de la prévention des conflits dans une zone frontalière sensible.
Dès lors, pour les observateurs du secteur, ces résultats confirment une inflexion majeure : le Niger passe d’une logique de quantité à une logique de qualité certifiée. Les prochaines étapes incluront le renforcement des capacités des équipes pédagogiques, l’appui à la mise en place de cellules internes d’assurance qualité et l’extension des évaluations à de nouvelles filières stratégiques.
Ainsi, avec un taux d’accréditation encore modeste mais un cadre désormais opérationnel, l’ANAQ-SUP place la barre haut : faire du label « accrédité » un gage de confiance pour les étudiants, les employeurs et les partenaires internationaux.
Suivez l'information en direct sur notre chaîne WHATSAPP