ZINDER, 28 septembre 2026 — Dans les foires rurales de Zinder, Maradi et Tahoua, les éleveurs et agriculteurs échangent chaque jour leur bétail ainsi que leurs récoltes contre des liasses de billets. C’est précisément au cœur de cette économie locale que s’infiltrent des réseaux criminels organisés. À Zinder, la police judiciaire brise aujourd’hui la chaîne d’approvisionnement d’un syndicat de faussaires spécialisé dans l’injection de faux francs CFA sur les marchés de la région.
Un poison financier pour les producteurs ruraux
Le mode opératoire de cette organisation repose sur un engrenage méthodique. Le réseau s’approvisionne en papier-monnaie contrefait dans un pays voisin, puis sollicite des charlatans et de faux marabouts pour procéder au « lavage » des coupures. À l’aide de liquides chimiques et de rituels ésotériques, les faussaires modifient la texture de la monnaie pour lui donner une apparence authentique.
Une fois la marchandise préparée, les trafiquants ciblent prioritairement les zones rurales. Ils utilisent ces faux billets, principalement des coupures de 10 000 FCFA, pour acquérir des céréales et du bétail ou pour financer de petites activités commerciales. Cette stratégie leur permet de convertir du papier sans valeur en biens réels, spoliant directement les producteurs locaux et déstabilisant le commerce de proximité.
L’opération prend sa source lors d’un contrôle de routine au poste de police de la route de Tanout. Les agents arrêtent un individu en possession de 1 270 000 francs CFA en faux billets. Le transfert immédiat du suspect au Service interrégional de la police judiciaire (SIRPJ) de Zinder déclenche une enquête accélérée.
Les investigations des enquêteurs mènent rapidement à l’interpellation de deux complices de nationalité nigérienne, âgés de 25 et 34 ans. La perquisition des lieux de stockage confirme l’ampleur du trafic : la police saisit un total de 4 239 000 FCFA en fausse monnaie, comprenant des coupures de 10 000, 5 000 et 1 000 FCFA, ainsi que des feuilles de papier semi-transformées prêtes pour l’impression. Les forces de l’ordre mettent également sous scellés quatre téléphones intelligents, des coffrets d’entreposage et plusieurs flacons contenant des produits chimiques non identifiés servant au traitement des billets.
Une menace transfrontalière sous haute surveillance
Cette affaire révèle des ramifications transfrontalières complexes. car , le réseau associe des ressortissants nigériens et étrangers, et la traque continue pour localiser les autres membres de la bande actuellement en cavale.
Face à cette menace qui touche directement le pouvoir d’achat des ménages ruraux, le SIRPJ de Zinder appelle la population à une vigilance accrue lors des transactions financières. Dans une région où le commerce informel prédomine, la collaboration citoyenne et le signalement immédiat des coupures suspectes restent les meilleurs remparts contre la propagation de la fausse monnaie.
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