Filière bétail au Niger : les acteurs formés pour fluidifier les échanges - Journal du Niger

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Filière bétail au Niger : les acteurs formés pour fluidifier les échanges

Les acteurs de l’Interprofession bétail, viande, cuirs et peaux (IP BVCP) ont depuis le 30 septembre 2026 entamé un atelier…

Les acteurs de l’Interprofession bétail, viande, cuirs et peaux (IP BVCP) ont depuis le 30 septembre 2026 entamé un atelier consacré à la fluidification des échanges et à la défense des intérêts de la filière. La rencontre réunit des représentants des huit régions du Niger, des cadres du ministère du Commerce et de l’Industrie, de l’Agence nigérienne de promotion des exportations (ANIPEX) et de la société civile pastorale.

Organisée sous l’impulsion de la Direction générale de la promotion des industries animales (DGPIA), la session s’étend sur deux jours. Elle vise à donner aux professionnels les outils nécessaires pour mieux commercialiser le bétail, comprendre les règles applicables au commerce des animaux et de la viande, et dialoguer plus efficacement avec les pouvoirs publics.

L’ouverture officielle a été marquée par la lecture de la Fatiha, suivie du mot de bienvenue du coordonnateur régional de Maradi et de l’allocution du secrétaire général de la région.

Ministère de l'Agriculture et de l'Elevage MAGEL
© Ministère de l'Agriculture et de l'Elevage MAGEL
Des règles à mieux maîtriser

Les participants examinent les dispositions de la Loi-cadre sur l’élevage ainsi que les textes encadrant la circulation et la commercialisation du bétail et de la viande. Cette séquence doit permettre aux opérateurs de mieux connaître leurs droits et leurs obligations, notamment lors du transport des animaux, du passage aux postes de contrôle et des transactions sur les marchés. La maîtrise de ces dispositions peut limiter les litiges, sécuriser les opérations et réduire les pertes liées aux blocages administratifs.

L’IP BVCP regroupe les différents maillons de la filière, de la production à la commercialisation, en passant par les fournisseurs de biens et services et la transformation. Elle a été créée pour améliorer la compétitivité du secteur grâce à une meilleure concertation entre professionnels.

Les tracasseries au cœur des échanges

Les participants consacrent également leurs travaux aux entraves qui ralentissent le commerce du bétail. Ils analysent les contrôles multiples, les prélèvements irréguliers, les difficultés de transport et les obstacles rencontrés sur les corridors d’exportation.

Ces problèmes ne touchent pas seulement les commerçants. Ils renchérissent le coût des transactions, prolongent le temps d’acheminement des troupeaux et peuvent affecter l’état des animaux avant leur arrivée sur les marchés.

Les corridors reliant le Niger au Burkina Faso, à la Côte d’Ivoire et au Bénin figurent parmi les axes concernés par les initiatives régionales de facilitation du commerce. Des projets spécialisés y ont déjà identifié de nombreuses entraves et prévoient de mieux organiser les commerçants, d’améliorer l’accès au financement et de soutenir la commercialisation du bétail et de la viande.

Ministère de l'Agriculture et de l'Elevage MAGEL
© Ministère de l'Agriculture et de l'Elevage MAGEL
Apprendre à convaincre les décideurs

L’atelier ne se limite pas à l’analyse des difficultés. Il forme également les représentants de la filière aux techniques de plaidoyer et de lobbying. L’objectif consiste à les aider à formuler des revendications précises, à documenter les problèmes rencontrés sur le terrain et à présenter des propositions réalistes aux administrations compétentes. Les professionnels doivent également apprendre à utiliser les mécanismes de recours existants lorsqu’ils estiment subir une entrave injustifiée.

Cette démarche peut renforcer la capacité de l’interprofession à parler d’une voix commune. Elle doit aussi favoriser un dialogue plus régulier avec les ministères, les collectivités territoriales, les services de contrôle et les partenaires techniques.

Une filière stratégique pour l’économie

Le commerce du bétail représente une activité essentielle pour les ménages pastoraux, les transporteurs, les commerçants, les bouchers et les transformateurs. Pourtant, la filière reste confrontée à des insuffisances d’infrastructures, à des moyens de transport inadaptés et à une promotion encore limitée de ses produits. Un diagnostic réalisé dans les huit régions du Niger a recensé 35 difficultés majeures, dont l’accès aux marchés et les conditions de commercialisation.

La levée de ces contraintes pourrait améliorer les revenus des éleveurs et des autres acteurs de la chaîne. Elle permettrait également de renforcer les recettes commerciales, de sécuriser l’approvisionnement des centres urbains et d’accroître la valeur ajoutée issue de la transformation de la viande, des cuirs et des peaux.

Ministère de l'Agriculture et de l'Elevage MAGEL
© Ministère de l'Agriculture et de l'Elevage MAGEL
Quels bénéfices pour le Niger ?

Un commerce plus fluide pourrait d’abord réduire les coûts et les délais d’acheminement, au bénéfice des producteurs comme des consommateurs. Il faciliterait ensuite l’accès des opérateurs aux marchés régionaux et rendrait les produits nigériens plus compétitifs.

La professionnalisation de la filière pourrait également favoriser la création d’emplois dans le transport, l’abattage, la transformation, la conservation et la logistique. En améliorant la traçabilité et le respect des normes, le Niger renforcerait par ailleurs la confiance de ses partenaires commerciaux.

À plus long terme, une interprofession mieux structurée pourrait défendre des politiques publiques plus adaptées aux réalités du pastoralisme. Elle pourrait contribuer à réduire les tensions sur les corridors, à sécuriser les échanges et à faire de l’élevage un levier plus performant de croissance nationale.

La réussite de cette démarche dépendra toutefois du suivi des recommandations, de la coordination entre les acteurs et de la volonté des autorités de traiter concrètement les obstacles signalés par les professionnels.

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