Le ministre nigérien de la Communication et des Nouvelles Technologies de l’Information, Hamani Kargné, est arrivé ce lundi 5 octobre 2026 à Agadez pour superviser le lancement officiel de la liaison à fibre optique entre le Niger et l’Algérie. Ce projet doit renforcer la connectivité internationale du pays et donner à la région septentrionale un rôle accru dans les échanges numériques transsahariens.
Une mission ministérielle à portée stratégique
Hamani Kargné a été accueilli à l’aéroport international Mano Dayak par le gouverneur de la région d’Agadez, le général de division Ibra Boulama Issa, et l’administrateur délégué de la commune urbaine, le chef de bataillon Assarid Almoustapha.
Le ministre conduisait une délégation nigérienne accompagnée de représentants algériens, dont l’ambassadeur d’Algérie au Niger, Ahmed Saadi. Leur déplacement marque une nouvelle étape dans la coopération bilatérale entre les deux pays dans le domaine des télécommunications.
La cérémonie prévue à Assamaka doit officialiser la mise en service du corridor numérique reliant le nord du Niger à l’Algérie.
Le futur raccordement doit relier Agadez à In Guezzam, côté algérien, en passant par l’axe Agadez-Assamaka. La liaison disposera initialement d’une capacité de 100 gigabits par seconde, ce qui devrait accroître les performances du backbone national exploité par Niger Télécom.
L’accord prévoit notamment le don, par Algérie Télécom, d’équipements de transmission destinés à établir cette connexion terrestre. Le dispositif offrira aussi au Niger une voie internationale supplémentaire pour l’acheminement des données et réduira sa dépendance à l’égard de certains itinéraires existants.
Ce nouvel axe s’inscrit dans le projet de dorsale transsaharienne à fibre optique, conçu pour rapprocher l’Afrique du Nord de plusieurs pays d’Afrique subsaharienne. Il pourrait, à terme, faciliter la circulation des données, améliorer la qualité de l’accès à Internet et soutenir le développement des services numériques.
Le choix d’Agadez ne relève pas uniquement de considérations techniques. La ville occupe une position stratégique sur les routes reliant le Maghreb au Sahel. Par ailleurs, la nouvelle infrastructure va renforcer son attractivité pour les activités liées au numérique, à la formation et aux services de télécommunication.
Pour le Niger, l’enjeu dépasse donc la simple installation d’un équipement. Le gouvernement cherche à consolider une infrastructure capable d’accompagner la transformation numérique de l’administration, de l’éducation, de la santé et du secteur privé.
Une connectivité plus solide pourrait également améliorer les échanges entre les zones septentrionales et le reste du pays, à condition que les investissements atteignent aussi les réseaux de distribution et les utilisateurs finaux.
La coopération entre Niamey et Alger ne porte pas seulement sur le transport des données. Les deux pays ont également prévu de développer les compétences nécessaires à l’exploitation et à la maintenance des infrastructures numériques.
Un centre de compétences doit être mis en place à l’École supérieure des communications électroniques et de la poste du Niger. Il bénéficiera ainsi de l’expérience d’Algérie Télécom et devra contribuer à former des techniciens dans les métiers des télécommunications.
Cette dimension répond à un enjeu central : une infrastructure stratégique ne peut fonctionner durablement sans personnel qualifié capable d’assurer son entretien, son évolution et sa sécurisation.
Une coopération appelée à s’élargir
Le lancement de la liaison Agadez-In Guezzam illustre la volonté des deux pays de donner un contenu concret à leur partenariat technologique. Les conventions signées en septembre entre Algérie Télécom, Niger Télécom et l’ESCEP-Niger ont posé les bases de cette nouvelle phase de coopération.
À terme, le raccordement pourrait contribuer à inscrire davantage le Niger dans les échanges numériques régionaux. Sa réussite dépendra toutefois de la continuité des travaux, de la sécurisation des équipements et de l’extension de la connectivité au-delà des grands axes.
À Agadez, la fibre optique ne représente donc pas seulement une avancée technique. Elle porte l’ambition de faire du nord du Niger un point de passage stratégique entre les réseaux numériques de l’Afrique du Nord et ceux du Sahel.
En somme, avec la mise en service de cette liaison, Agadez ne se contente plus d’accueillir une infrastructure technique : la ville s’inscrit dans une nouvelle géographie numérique reliant le Maghreb au Sahel. La réussite de ce projet dépendra désormais de sa capacité à améliorer concrètement l’accès à internet, à stimuler les services numériques et à ouvrir de nouvelles perspectives économiques pour les populations du nord du Niger.
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