NIAMEY, 04 novembre 2026 — Le ministre algérien des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, est arrivé mercredi à Niamey pour une visite officielle destinée à consolider la coopération entre Alger et le Niger. Envoyé spécial du président Abdelmadjid Tebboune, il a été accueilli par son homologue nigérien, Bakary Yaou Sangaré.
Le déplacement intervient alors que les deux voisins cherchent à approfondir une relation qui dépasse désormais le cadre diplomatique classique. Sécurité aux frontières, hydrocarbures, énergie, commerce et infrastructures figurent parmi les domaines où Niamey et Alger souhaitent intensifier leur collaboration.
Un message du président Tebboune
Au cours de son séjour, M. Attaf rencontrera le président, le général d’armée Abdourahamane Tiani, à qui il remettra une lettre du chef de l’État algérien. Ce geste souligne le niveau politique accordé à la visite et la volonté d’Alger d’entretenir un dialogue direct avec Niamey.
Les deux capitales présentent ce rapprochement comme la poursuite d’une coopération fondée sur la solidarité régionale et des intérêts mutuels. Elles veulent également renforcer leur concertation sur les dossiers africains et sahéliens, dans un contexte marqué par l’instabilité, les déplacements de populations et la menace terroriste.
La rencontre de Niamey s’inscrit dans une séquence diplomatique plus large. M. Attaf s’est rendu la veille à N’Djamena, où il a rencontré le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno, avant de poursuivre vers le Niger.
La coopération algéro-nigérienne s’appuie sur des enjeux concrets. L’Algérie possède une expérience reconnue dans la lutte contre le terrorisme et dispose de capacités économiques et logistiques qui intéressent Niamey, notamment pour sécuriser ses vastes espaces frontaliers.
Le volet énergétique occupe également une place centrale. Les deux pays ont relancé des projets communs dans les hydrocarbures et l’énergie, tandis que la raffinerie de Zinder tournait, selon les autorités nigériennes, à 15 000 barils par jour le 13 octobre, soit 75% de sa capacité nominale.
Alger a par ailleurs approuvé, fin octobre, le principe d’un déploiement de son armée au Niger. Cette décision, présentée comme une réponse à une demande de Niamey et destinée à protéger des intérêts communs, marque une inflexion dans la posture sécuritaire algérienne au Sahel.
Un équilibre régional en mutation
Pour Alger, le renforcement des liens avec Niamey permet de préserver son influence dans une région où les alliances se recomposent rapidement. Pour Niamey, le partenariat offre une voie de diversification diplomatique, économique et sécuritaire, alors que le pays fait face à des pressions multiples.
Les observateurs soulignent toutefois que cette coopération soulève des questions de souveraineté et d’équilibres régionaux, notamment en raison de la présence militaire algérienne et des ambitions de Niamey à diversifier ses partenaires.
Reste à savoir si la visite de M. Attaf produira des engagements précis. Les deux gouvernements affichent une volonté commune de faire de leur relation un instrument de stabilité régionale ; la suite dépendra de leur capacité à traduire cette ambition en projets financés, coordonnés et visibles sur le terrain.
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