Le ministre du Commerce, Abdoulaye Seydou, a inspecté les stocks des grands distributeurs le 31 janvier. Une opération de communication et de contrôle qui vise à garantir la stabilité des prix alors que la pression inflationniste inquiète les ménages.
À quelques semaines du début du ramadan, période de forte consommation et de tensions traditionnelles sur les marchés, le gouvernement nigérien tente de reprendre la main sur le calendrier des prix. C’est dans ce contexte précis que, samedi 31 janvier, le ministre du Commerce et de l’Industrie, Abdoulaye Seydou, a mené une « visite de terrain » aux allures d’inspection générale dans les entrepôts et les grandes surfaces de la capitale.
Accompagné d’une délégation de cadres de son cabinet, le ministre a parcouru les zones stratégiques de stockage de la zone industrielle. Ainsi, de la société Champion, fleuron local de la production de sucre et de condiments, aux hangars des géants de l’importation comme Oriba ou Oudou Younoussa, l’objectif était double : vérifier physiquement l’existence des stocks et envoyer un message de fermeté aux intermédiaires.

L’obsession du « ramadan zéro stress »
Riz, huile, sucre, lait, pâtes alimentaires : la liste des produits inspectés correspond au panier de base des foyers nigériens. Pour les autorités, l’enjeu est autant social que politique. En effet, dans un pays où le pouvoir d’achat reste fragile, l’envolée des prix lors du mois sacré est chaque année un sujet de mécontentement majeur.
« L’objectif est de s’assurer de la disponibilité des produits et de veiller à la stabilité des prix », a martelé le ministre. Sur les sites visités, le constat se veut rassurant. Les opérateurs économiques semblent avoir anticipé la demande en multipliant les commandes massives. Un « sens du patriotisme » salué par Abdoulaye Seydou, qui a toutefois assorti ses félicitations d’une exhortation à la solidarité, demandant explicitement aux commerçants de baisser leurs marges en cette période de spiritualité.

Un dialogue sous surveillance
Cette tournée n’est que la première étape d’une stratégie de surveillance plus large. Au-delà des visites de courtoisie dans les entrepôts rutilants, le ministère du Commerce entend instaurer un « dialogue sincère et constructif » avec les acteurs de la grande distribution. En d’autres termes, c’est une manière diplomatique de rappeler que l’État garde un œil sur les rayons pour protéger le panier de la ménagère.
Mais au-delà de la volonté affichée d’un ramadan « zéro stress », le défi reste entier. Si les stocks sont présents, la fluidité de la distribution et la lutte contre la spéculation sauvage dans les marchés de quartier restent les véritables juges de paix de l’action gouvernementale. C’est pourquoi le gouvernement fait le pari que la proximité affichée aujourd’hui suffit à discipliner un marché souvent imprévisible.




